Aller au contenu principal
Actuellement à l'antenne

Fin de la trêve hivernale : les expulsions repartent, le modèle canadien en débat

Le ministre du Logement, Vincent Jeanbrun, cite régulièrement le modèle canadien. [Xose Bouzas / Hans Lucas / Hans Lucas via AFP]

Avec la fin de la trêve hivernale, les expulsions locatives reprennent en France, sur fond de hausse continue des ménages concernés. Le gouvernement regarde de près le modèle canadien, plus souple à l’entrée mais bien plus rapide pour expulser en cas d’impayés.

La trêve hivernale ayant pris fin mardi, les expulsions peuvent reprendre à partir de ce mercredi. Plus de 30.000 ménages ont été expulsés en 2025, souvent pour des loyers impayés. Ces dernières années, le nombre de ménages forcés de quitter leur logement ne cesse d’augmenter.

Et le ministre du Logement, Vincent Jeanbrun, veut continuer d’aller dans ce sens. Pour ce faire, il cite régulièrement le modèle canadien. En quoi diffère-t-il du modèle français ?

Des garanties plus légères qu’en France

Pour ceux qui cherchent à louer un bien, les garanties exigées au Canada sont plus légères qu’en France. Disposer d’un garant n’est souvent pas nécessaire, déposer une caution non plus : seuls des revenus stables suffisent en général. Mais ce fonctionnement est donnant-donnant.

Dans le cas où le locataire ne respecte pas les règles du jeu, en ne payant pas son loyer par exemple, son bailleur peut le pousser vers la sortie rapidement, en quelques semaines parfois, quand la procédure peut prendre un à deux ans en France.

"Un modèle très intéressant à transposer dans notre système français"

Un modèle canadien dont il faut s’inspirer, selon Sylvain Grataloup, président de l’Union nationale des propriétaires immobiliers (UNPI). "C’est un modèle qui serait très intéressant à transposer dans notre système français. Parce que le système dans lequel nous sommes aujourd’hui aboutit à un déséquilibre énorme entre le propriétaire bailleur et le locataire, évidemment en faveur du locataire, qui est ultra-protégé et qui n’a finalement que très peu d’engagements", explique-t-il au micro d’Europe 1.

Un rééquilibrage qui permettrait, selon Sylvain Grataloup, de redonner confiance à ceux qui sont déjà bailleurs et de pousser de nouveaux investisseurs à acheter un bien pour le mettre en location.