Une enquête ouverte pour harcèlement et menaces de mort d'une CPE d'un lycée parisien

Lycée Charlemagne
La CPE du lycée Charlemagne à Paris aurait interdit l'entrée des lieux à jeune fille portant un voile. © Magali Cohen / Hans Lucas / Hans Lucas via AFP
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avec AFP
Le parquet de Paris a ouvert une enquête vendredi après qu'une Conseillère principale d'éducation (CPE), victime de harcèlement et de menaces de mort, a porté plainte. La CPE en question aurait interdit l'accès du lycée Charlemagne à une jeune fille portant le voile, ce qui lui aurait valu une vague de messages haineux sur les réseaux sociaux.

Une enquête a été ouverte vendredi par le pôle national de lutte contre la haine en ligne du parquet de Paris après une plainte d'une Conseillère principale d'éducation (CPE) du lycée Charlemagne, victime de menaces de mort et de harcèlement en ligne, a appris l'AFP lundi de source policière, confirmée par le parquet de Paris.

Enquête pour menaces de mort

 

Cette enquête pour menaces de mort, harcèlement moral en ligne et mise en danger de la vie d'autrui par diffusion d'informations relatives à la vie privée, familiale ou professionnelle a été confiée à l'Office central de lutte contre les crimes contre l'humanité et les crimes de haine (OCLCH), a-t-on ajouté de mêmes sources, confirmant une information du Figaro.

Deux versions des faits qui divergent

Les faits remontent à jeudi lorsqu'une jeune fille portant un voile s'est présentée aux épreuves du baccalauréat à son centre d'examen du lycée Charlemagne à Paris. La CPE lui aurait alors interdit l'entrée des lieux si elle ne retirait pas son voile. Ensuite, selon une source policière, les versions des deux femmes divergent.

La conseillère assure que l'élève a refusé de retirer son voile tandis que cette dernière affirme l'avoir enlevé, mais n'avoir pas pu entrer. S'en sont suivis très rapidement des tweets sur les réseaux sociaux, de plus en plus menaçants jusqu'à ce que l'identité de la fonctionnaire soit dévoilée.

Or, depuis l'assassinat en octobre 2020 de Samuel Paty, professeur d'histoire-géographie, la mise en danger de la vie d'autrui par la diffusion d'informations sur la vie privée, familiale et professionnelle est devenu un délit. Les enquêteurs, qui veulent "aller vite pour couper la dynamique" du harcèlement, ont d'ores et déjà entendu la CPE et l'élève. Cette dernière n'est pas mise en cause, a-t-on précisé de source policière. 

La fonctionnaire et son établissement font l'objet d'une "sécurisation et d'une vigilance" particulières de la part de services, a-t-on précisé de source proche du dossier. En milieu de journée lundi, le rectorat de Paris n'avait pas donné suite aux sollicitations de l'AFP.