Mort du bébé d'un couple salafiste : le père condamné à 18 ans de prison, la mère à 5 ans

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© DAMIEN MEYER / AFP
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Deux jeunes parents ont été condamnés ce 14 novembre pour la mort de leur fille de 15 mois. Le père écope de la plus lourde peine, la mère pourra vivre libre avec un bracelet électronique, ayant déjà fait 19 mois de détention provisoire.

La cour d'assises de l'Isère a condamné jeudi les parents salafistes accusés d'avoir causé la mort de leur petite fille de quinze mois en 2017, à 18 ans de réclusion criminelle pour le père et cinq ans d'emprisonnement pour la mère.

La cour d'assises a reconnu Sami Bernoui, le père âgé de 26 ans, coupable de violences volontaires ayant entraîné la mort sans intention de la donner, violences volontaires et habituelles, et privation de soins. 

Par décision spéciale, la cour a également prononcé le retrait total de l'autorité parentale du jeune homme sur son deuxième enfant, un petit garçon placé en famille d'accueil.

Concernant Noémie Villard, la mère âgée de 22 ans, la cour d'assises l'a condamnée à cinq ans d'emprisonnement pour privation de soins et violences volontaires. 

C'est ce qu'avait demandé lors des plaidoiries son avocate, Me Roksana Naserzadeh, afin de lui permettre de bénéficier d'un accompagnement par un suivi socio-judiciaire - prononcé pour 10 ans - possible uniquement avec une condamnation pour violences volontaires.

La jeune femme n'a en revanche pas été condamnée pour violences ayant entraîné la mort sans intention de la donner.

Pas de mandat de dépôt pour la mère

Le mandat de dépôt n'a pas été prononcé contre la mère de la petite victime : Noémie Villard n'est donc pas retournée en détention à l'issue de l'audience. Avant son procès, elle avait fait 19 mois de détention provisoire, était en liberté sous bracelet électronique et avait entamé une réinsertion professionnelle.

Elle a notamment l'obligation de ne pas entrer en relation Sami Bernoui. Mais la cour n'a pas prononcé le retrait de l'autorité parentale contre la jeune femme, qui pourra rester en relation avec son fils.

Avant les sept heures de délibéré, Noémie Villard avait dit devant la cour et les jurés que sa "plus grosse peine" était que sa fille ne soit "plus là et qu'elle ne reviendra pas".

Sami Bernoui avait considéré que ce drame était "entièrement de (sa) faute" : "Je n'ai jamais su aimer ma fille comme je devais l'aimer et je n'ai pas su lui donner l'amour dont elle avait besoin".

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