Dix jours après la mort de Louis, lynché à Narbonne le 19 juin dernier, sa famille appelle les Français à exprimer leur indignation dans la rue. Après une première marche dans sa ville, un rassemblement était organisé à Versailles, avant une nouvelle manifestation prévue dimanche.
Dix jours après la mort de Louis à Narbonne, l’émotion reste vive. L’adolescent a été battu à mort sur un chantier le 19 juin dernier. Depuis, sa famille appelle les Français à exprimer leur indignation dans la rue.
Dimanche dernier, près d’un millier de personnes s’étaient déjà réunies dans la ville du jeune homme pour lui rendre hommage. Une nouvelle manifestation est prévue dimanche prochain. Mardi soir, un rassemblement était organisé à Versailles, à l’initiative notamment du collectif Némésis.
Les participants ont scandé le nom de l’adolescent
Une cinquantaine de personnes se sont retrouvées pour demander justice avec des photos de Louis entre les mains. Les participants ont scandé le nom de l’adolescent, tué dans des circonstances qui suscitent colère et incompréhension. Parmi les personnes présentes, Caroline, mère de trois enfants, dit être venue avant tout en soutien aux parents de Louis.
"En fait, je me mets à leur place. Imaginez peut-être qu’un jour mon fils se retrouvera la tête écrabouillée et que les gens le filment à trois centimètres de son visage et repartent. J’avoue que ça me révolte, ça me donne envie de vomir quand j’ai entendu ça l’autre jour", confie-t-elle.
"L’État ne protège pas les adultes"
L’émotion dépasse aussi le cercle des militants présents au rassemblement. Marie-Josée, retraitée, est passée devant la mobilisation par hasard. Elle dit être bouleversée par la multiplication de ces drames. "Moi, je suis désespérée un peu par toutes ces marches blanches. J’aimerais qu’il n’y en ait plus", explique-t-elle. Pour elle, l’État a failli à protéger Louis, qui était placé à l’aide sociale à l’enfance.
"L’État ne protège pas les adultes, mais surtout il ne protège pas les plus vulnérables de nous tous : les enfants", estime-t-elle. Interrogée sur une éventuelle part de responsabilité des pouvoirs publics, elle répond sans hésiter : "Oui, bien sûr, évidemment". Sur place, certains participants font également le parallèle avec l’affaire Lyhanna, cette fillette de 11 ans tuée dans le Gers.
Deux drames différents, mais qui nourrissent chez eux le même sentiment d’abandon et de colère. "Les familles endeuillées sont de plus en plus nombreuses, trop nombreuses", conclut un homme venu se recueillir.