Le "roi du offshore", rattrapé par le fisc, risque jusqu'à 10 ans de prison

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Photo d'illustration © Pixabay
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Un vaste système de blanchiment d'argent, orchestré par Naday Bensoussan, le "roi du offshore", a été démantelé cette semaine à Paris. Les sommes soustraites au fisc se comptent en dizaines, voire centaines de millions d'euros. L'homme risque jusqu'à 10 ans de prison.

La direction centrale de la police judiciaire vient de démanteler un vaste système de blanchiment de fraude fiscale qui aurait permis de soustraire au fisc plusieurs dizaines voire plusieurs centaines de millions d'euros. Les enquêteurs n'ont pas encore pu établir le montant précis du préjudice. Naday Bensoussan, le golden boy soupçonné d'avoir monté ce système, avait déjà été condamné pour des faits similaires il y a tout juste 3 ans.

A l'époque, sa société s'appelait France Offshore et avait un gros succès sur internet et sur les plages de Saint-Tropez, dans le Var. Des centaines de contribuables avaient cru à ses promesses de défiscalisation facile. "La fraude fiscale pour les Nuls", avait même titré le journal Les Echos au moment du procès, après que Naday Bensoussan s'est fait rattraper une première fois par la justice.

Il écope alors de 5 ans de prison, dont trois avec sursis. Pas de quoi effrayer le jeune quadra, qui a le goût du risque et de l'argent. Il monte une nouvelle société, baptisée cette fois Fidusuisse. Celle-ci est basée à Genève, avec des bureaux au Luxembourg, et le principe reste le même : créer des sociétés-écrans et ouvrir des comptes offshores au Panama ou à Dubai.

Les clients feront l'objet d'un redressement fiscal

Les clients ? Surtout des Français, professions libérales et chefs d'entreprise, cols blancs et affairistes franco-israeliens enrichis à la taxe carbone. Pour profiter de leur argent, pas besoin de franchir les frontières en cachant des liasses de billets. La maison propose des cartes bancaires prépayées, émises dans des pays de l’Est.

L'histoire a pris fin cette semaine quand la brigade fiscale de la direction centrale de la police judiciaire a déboulé dans le somptueux 200 mètres carrés du 16ème arrondissement parisien où vivait le "roi du offshore". Mis en examen pour blanchiment en bande organisée de fraude fiscale aggravée, association de malfaiteurs et escroquerie, il a été écroué à la prison de la Santé.

Entendu sur europe1 :
C’est un très beau dossier, à la fois par le volume considérable des sommes blanchies, par ses liens avec les escrocs à la taxe carbone et par la détention provisoire qui est exceptionnelle en matière de fraude fiscale.

L'homme risque jusqu'à 10 ans de prison, sans compter les 3 ans avec sursis du précédent jugement. De sources proches de l’enquête, on souligne que "c’est un très beau dossier, à la fois par le volume considérable - et encore en cours d’évaluation - des sommes blanchies, par ses liens avec les escrocs à la taxe carbone et par la détention provisoire qui est exceptionnelle en matière de fraude fiscale".

La police va poursuivre ses investigations, en coopération avec l'administration fiscale, pour identifier les clients. La plupart feront l’objet d’un redressement fiscal mais les cas les plus graves pourraient relever de la justice pénale. Il n’est pas exclu que certains fraudeurs, pour récupérer au moins une partie de leur argent, choisissent de porter plainte pour abus de confiance.

Europe 1
Par Alain Acco, édité par Maxime Dewilder