INFO EUROPE 1 - Saint-Etienne-du-Rouvray : les vérifications de l'IGPN montrent qu'il n'y a pas eu de document falsifié

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Les vérifications de l'IGPN montrent qu'il n'y a pas eu de document falsifié par la direction du renseignement parisien, contrairement aux affirmations de "Mediapart".
INFO EUROPE 1

Dix jours après l'ouverture par le parquet de Paris d’une enquête préliminaire suite aux révélations de Mediapart, Europe 1 dévoile les premières constatations des enquêteurs sur les soupçons de falsification de documents autour de l'attentat de Saint-Etienne-du-Rouvray.

Pas de note trafiquée. Les policiers de l'Inspection générale de la police nationale (IGPN) sont allés fouiller dans les ordinateurs de la direction du renseignement de la Préfecture de police (DRPP). Selon les informations d’Europe 1, ils ont la preuve qu'il n'y a pas eu de note trafiquée, postdatée, contrairement à ce qu'écrivait Mediapart. Les enquêteurs ont bien retrouvé deux notes : l'une datée du 22 juillet 2016 - 4 jours avant l'attentat - et l'autre du 26 juillet 2016, le jour même de l'attaque terroriste.

Un homme identifié. En résumé, l'enquête montre qu'à l'origine, un signalement a été transmis par le service central du renseignement territorial (SCRT) le 21 juillet, concernant un individu non identifié, appelant sur l'application Telegram à commettre des attentats. Le lendemain, le 22 juillet, un policier du renseignement parisien identifie ce jeune homme comme étant Adel K., donnant des cours à la mosquée de Saint-Etienne-du-Rouvray. Il rédige donc une note le jour même, faisant état de ces informations, sans caractère d'urgence ni mention relative à un projet d'attaque dans des églises, alors même que le terroriste évoque ce mode d’action dans un long message audio posté sur sa chaîne Telegram le 19 juillet, révélé par lexpress.fr.

Faute de personnel. Cette note du 22 juillet n'a été lue par personne à l'époque. Sur ce point, les vérifications de l'IGPN confirment l'article de Mediapart : le document est resté dans les circuits internes de la DRPP, en attente de validation, avant son éventuelle transmission aux autres services de renseignement. À cette période, "la seconde moitié du mois de juillet, quatre gradés sont en vacances. Le cinquième (…) est débordé", écrit Mediapart. Lorsque l'attentat survient quatre jours plus tard, les policiers du renseignement parisien rédigent alors une deuxième note, sans modifier pour autant la première mais sans y faire référence non plus, a pu constater l'IGPN. Le 26 juillet, cette deuxième note est immédiatement communiquée à la sous-direction antiterroriste (SDAT), chargée de l’enquête sur l’assassinat du père Hamel.

Un système défaillant. À ce stade, les investigations de l'IGPN ne prouvent pas qu'il y a eu falsification de document. C'est uniquement sur ce soupçon que porte l'enquête préliminaire ouverte par le parquet de Paris. En revanche, les vérifications confirment la lourdeur du système avec toutes ses strates de validation internes à la DRPP. Or, si la première note avait été transmise à tous les services de renseignement, avec ce qu'elle contenait et en plein état d'urgence, les autorités auraient pu déclencher une perquisition administrative chez ce terroriste et sans doute déjouer l'attentat. Adel K. étant sous contrôle judiciaire et placé sous bracelet électronique, "le juge d'instruction en aurait été informé, il l'aurait immédiatement incarcéré pour violation de son contrôle judiciaire", estime sur Europe 1 Maître Méhana Mouhou, avocat d'un couple de paroissiens qui se trouvait dans l'église au moment de l'attaque et qui a porté plainte.

St-Etienne-du-Rouvray : les vérifications de l'IGPN montrent qu'il n'y a pas eu de document falsifié