Disparition d'Estelle Mouzin : "Monique Olivier a affirmé qu'elle avait servi d'alibi à Michel Fourniret", assure son avocat

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Le jour de la disparition d'Estelle Mouzin en 2003, c'est Monique Olivier qui a appelé le fils de Michel Fourniret pour son anniversaire, contredisant l'alibi du tueur en série. Les révélations de son ex-épouse au juge d'instruction relance une nouvelle fois l'affaire. "Cela signifie concrètement que Michel Fourniret était potentiellement ailleurs, notamment en train de commettre le crime qu'on lui reproche", estime son avocat. 
INTERVIEW

Michel Fourniret n'a plus d'alibi dans l'affaire de la disparition d'Estelle Mouzin en 2003. Son ex-épouse Monique Olivier a contredit le tueur en série jeudi lors d'une audition chez le juge d'instruction. "Ce qu’elle a indiqué, raconte son avocat Maître Richard Delgenes au micro d'Europe 1, vendredi, c’est qu’en partant le matin, Michel Fourniret lui avait dit 'tu appelleras Jean-Christophe' sur un ton assez sec". Tout le contraire de ce que dit Michel Fourniret depuis le début de l’enquête, qui prétend avoir appelé son fils pour lui souhaiter son anniversaire depuis son domicile de Sart-Custinne, en Belgique, le jour de la disparition de la fillette.

Un appel attesté par des relevés, qui avait suffit à exclure sa présence à Guermantes, le village de Seine-et-Marne où Estelle Mouzin a disparu. "Elle a confirmé que c’était bien elle qui avait passé l’appel téléphonique à 20h08 le soir", appuie son avocat.

"Il était potentiellement ailleurs"

"Cela signifie concrètement que Michel Fourniret n'était pas à Sart-Custinne, qu'il était potentiellement ailleurs, estime maître Richard Delgenes, et notamment en train de commettre le crime qu'on lui reproche". Mais sa cliente Monique Olivier n'a pas précisé pour autant pendant son audition où se trouvait son ex-mari le jour des faits, malgré ses questions. Il lui a notamment demandé "si Michel Fourniret lui avait dit qu'il avait tué Estelle Mouzin". Réponse de Monique Olivier : "Il ne me l'a pas dit".

En revanche, elle se montre plus prolixe lorsque son avocat lui demande "si Estelle Mouzin était le genre de petits sujets qui pouvaient l’intéresser". "Elle m'a répondu qu'effectivement, c'est à tout à fait le genre de jeunes filles sur lequel Michel Fourniret pouvait s’arrêter", précise maître Richard Delgenes. "Le juge d'instruction interrogera maintenant Michel Fourniret", a-t-il conclut.

Alors âgée de 9 ans, Estelle Mouzin avait disparu le 9 janvier 2003 alors qu'elle rentrait de l'école à Guermantes, village situé à 250 km de Sart-Custinne. Son corps n'a jamais été retrouvé et les nombreuses pistes envisagées par les enquêteurs n'ont rien donné. Début 2007, la police avait une première fois mis hors de cause "l'ogre des Ardennes", condamné à la perpétuité pour huit meurtres. Six ans plus tard, l'expertise de milliers de poils et cheveux prélevés dans sa voiture n'avait pas non plus permis de trouver de traces de la jeune fille. Interrogé par les enquêteurs fin 2017, Michel Fourniret avait une nouvelle fois affirmé n'avoir "rien à voir avec l'affaire" Mouzin.

Europe 1
Par Cédric Chasseur, avec AFP

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