Automobiliste écrasé à Paris : le chauffeur de bus mis en examen pour meurtre et écroué

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Le chauffeur de bus a été écroué.
Le chauffeur de bus a été écroué. © Justin Morin/Europe1
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Le chauffeur est soupçonné d'avoir volontairement écrasé un automobiliste contre un autre bus, à la suite d'une altercation, mardi, dans le VIIè arrondissement de Paris.

Le chauffeur d'un bus touristique soupçonné d'avoir mortellement percuté à Paris un automobiliste après une violente dispute a été mis en examen pour meurtre par un juge d'instruction avant d'être placé en détention provisoire, a-t-on appris jeudi auprès du parquet de Paris.

Âgé de 46 ans, le chauffeur de bus qui était en garde à vue depuis mardi a été présenté jeudi à un juge d'instruction qui l'a mis en examen dans le cadre d'une information judiciaire ouverte dans la journée pour "homicide volontaire", a précisé le parquet. Il a été écroué, comme le réclamait le ministère public

"Le bus a démarré et écrasé l'automobiliste contre un autre bus"

Le drame s'est noué mardi quai Voltaire dans le 7e arrondissement de Paris : "une altercation verbale puis physique" à propos d'un accrochage a opposé les deux hommes, avant que les choses ne dégénèrent, selon une source proche du dossier. 

Selon les premières investigations, le bus à étage aurait percuté la voiture qui se trouvait devant lui, provoquant la colère de l'automobiliste, un homme de 55 ans, qui serait alors sorti de son véhicule, a relaté une source proche de l'enquête.  Le ton est alors monté entre les deux hommes, puis après des échanges de coups, "le bus a démarré et écrasé l'automobiliste contre un autre bus", selon cette même source. La victime est décédée sur place.

Témoins de la scène, les passagers du bus ont été pris en charge par une cellule psychologique.

La mairie accuse la compagnie de bus d'exercer sans autorisation

La mairie de Paris a affirmé jeudi que la compagnie d'autobus de tourisme pour laquelle travaillait le chauffeur exerce sans autorisation. Le chauffeur mis en cause conduisait un bus de la compagnie Citysightseeing, l'un des quatre opérateurs dans la capitale du service "hop on-hop off", qui permet aux touristes de monter et descendre à volonté le long d'un circuit prédéfini après avoir acheté un forfait.

La mairie affirme que Citysightseeing "n'avait pas l'autorisation" de circuler dans la capitale, bien que cette compétence ne relève pas de la commune, mais de la Région, via Île-de-France mobilités (ex-STIF). 

Deux compagnies historiques avaient bénéficié d'une autorisation il y a vingt ans, dans le cadre du Plan régional de transport d'Île-de-France. "Mais, depuis lors, le STIF et Île-de-France mobilités a considéré que c'était du domaine de l'occupation de l'espace public", a expliqué jeudi l'entourage de la présidente du Conseil régional, Valérie Pécresse, "donc que ça relevait de la ville de Paris et de la préfecture". A tort, puisque le Conseil d'État, saisi par l'une de ces deux compagnies, a tranché en juin dernier, et a considéré qu'Île-de-France mobilités était "l'autorité organisatrice" de ces modes de transport.

Cet hiver, le Conseil de Paris a alors voté un voeu, à l'initiative de la majorité d'Anne Hidalgo, pour "que soient maintenues les deux lignes de bus touristiques exerçant légalement leur activité" et "qu'il soit procédé dans les plus brefs délais à l'arrêt de l'exploitation" des deux autres lignes, dont Citysightseeing. En parallèle, Île-de-France mobilités a entendu organiser le marché et "est rentré en discussion avec tous les acteurs", rappelle l'entourage de Valérie Pécresse. Une délibération a été prise en avril pour lancer un appel à projets en juin pour une sélection en septembre. D'ici là, on reconnaît "une zone grise" et "un flou juridique".

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