Ardennes : l'ADN a parlé, il s'agit bien du corps d'Anaïs Guillaume

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Le corps d'Anaïs Guillaume restait introuvable depuis 2013.
Le corps d'Anaïs Guillaume restait introuvable depuis 2013. © ANTHONY DEHEZ / BELGA / AFP
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Les résultats des tests ADN permettent de confirmer que le corps retrouvé dans les Ardennes est bien celui d'Anaïs Guillaume, qui avait disparu en 2013 à l'âge de 21 ans.

Les tests ADN ont parlé : comme vous l'annoncez vendredi matin Europe 1, les ossements retrouvés en début de semaine à Fromy (Ardennes) sont bien ceux d'Anaïs Guillaume, ex-petite amie de Philippe Gillet, condamné en avril à 22 ans de prison pour son meurtre. "Nous allons enfin pouvoir faire le deuil d'Anaïs", a exprimé le père de la victime, Fabrice Guillaume.

Tout un squelette humain retrouvé sous du fumier

Le parquet de Charleville-Mézières avait annoncé mardi qu'un "ensemble d'ossements évoquant les éléments d'un squelette humain" avaient été découverts sur un terrain appartenant à Philippe Gillet. Peu avant, les gendarmes avaient été "avisés que des personnes de l'entourage" de l'exploitant agricole de 46 ans, dont sa fille, "se livraient à la recherche du corps" d'Anaïs Guillaume.

Selon une source proche de l'enquête, c'est tout un squelette humain qui avait été retrouvé sous du fumier. Les prélèvements effectués sur la dentition n'ayant pu être exploités, un test ADN a été pratiqué sur les restes de la victime, a-t-on précisé.

Les autorités judiciaires ont reçu des courriers anonymes

Cette découverte intervient "plusieurs semaines" après que les autorités judiciaires ont reçu des "courriers anonymes évoquant la présence du corps d'Anaïs Guillaume à Fromy sur le terrain de la ferme", alors même que les fouilles réalisées au cours de l'instruction judiciaire n'avaient jamais permis de retrouver de corps.

Les enquêteurs devront désormais déterminer l'origine de ces lettres afin de savoir si elles tendent à confirmer ou jeter le doute sur la culpabilité de Philippe Gillet.

Surnommé le "Taureau des Ardennes" par la presse locale en raison de sa corpulence, Philippe Gillet avait été condamné en avril en première instance à 22 ans de réclusion criminelle pour le meurtre de son ex-petite amie et acquitté de celui de son épouse. Lors de son procès, cet homme, décrit comme "violent" et "machiavélique", avait nié avec force toute responsabilité dans la mort, selon lui accidentelle, de son épouse Céline, 34 ans, le 2 janvier 2012, et dans la disparition d'Anaïs Guillaume, 21 ans, dans la nuit du 16 au 17 avril 2013.

Un "faisceau d'indices pléthoriques"

La voiture calcinée de la jeune femme avait été retrouvée dans un bois près de la frontière belge. L'accusation avait relevé un "faisceau d'indices pléthoriques" l'accablant, comme l'achat de deux sacs de chaux de 25 kg la veille de la disparition d'Anaïs, l'utilisation établie la nuit de la disparition d'une remorque capable de transporter un véhicule, sa manipulation de trois téléphones portables la même nuit ou encore le dernier bornage du téléphone, non retrouvé, d'Anaïs à 4H47 près du domicile de Philippe Gillet.

Pour le parquet général, qui avait requis 30 ans de réclusion criminelle à son encontre, le mobile de ces homicides résidait dans le fait que les deux femmes voulaient quitter Philippe Gillet, dernière personne à les avoir vues vivantes. L'avocat général, Jacques Louvier, avait d'ailleurs fait appel du jugement, estimant "aberrant" que la cour d'assises de Charleville-Mézières n'ait pas retenu la préméditation et jugeant par ailleurs la peine de 22 ans "illégale" du point de vue procédural.