A Paris, les hôpitaux "sont saturés", a affirmé jeudi soir le préfet de police, Patrice Faure. "Le nombre d'hospitalisations ne cesse d'augmenter", a-t-il ajouté, annonçant interdire la consommation d'alcool sur la voie publique vendredi à partir de midi.
Dans les Hauts-de-France, le Samu a reçu jeudi 30% d'appels de plus que le même jour en 2025, selon la préfecture de région.
La période est "totalement inédite", a souligné Emmanuel Macron, qui a défendu le "gros travail qui a été fait" dans la lutte contre le réchauffement climatique sous ses deux mandats.
Auprès d'Europe 1, SNCF Voyageurs confirme la gratuité de l'échange et l'annulation d'un billet de train TGV ou Ouigo en raison de la canicule.
"Les voyageurs qui ont des réservations TGV INOUI France et Europe, OUIGO et INTERCITES dans les prochains jours peuvent annuler ou reporter leur billet sans frais. Cela s’applique déjà et jusqu’aux circulations de dimanche au moins. Cela s’applique sur tous les types de billets. L’échange se fait au même prix pour un autre train dans les 7 jours suivants la date initiale prévue de voyage", précise la SNCF.
Le gestionnaire du réseau de distribution d'électricité français Enedis a déclenché sa force d'intervention rapide électricité (FIRE) face à un risque de coupures "élevé" à mesure que la canicule met les câbles à rude épreuve sous les sols surchauffés.
"Face à la durée et à l’intensité de cet épisode caniculaire historique Enedis a déclenché la FIRE (la Force d’intervention rapide électricité)", a indiqué Enedis, alors que jeudi à 13H00, "36.000 clients étaient privés d’électricité à la suite d’incidents liés aux fortes chaleurs, essentiellement dans les Yvelines (27.000) et en Gironde (5.000)".
La canicule a obligé la SNCF à supprimer près de 10% de ses trains, laissant "neuf trains sur dix en circulation", a déclaré le PDG de SNCF Voyageurs Christophe Fanichet, qui n'exclut pas d'en supprimer davantage si la sécurité était mise en danger.
Sur les quelque 15.000 trains de la SNCF qui circulent d'ordinaire chaque jour sur le réseau ferré français - TGV, Intercités, trains régionaux -, "on est plus près de 14.000 trains actuellement", a déclaré M. Fanichet lors d'un point-presse à la gare de l'Est à Paris.
"L'air le plus chaud va progressivement se décaler vers l'est du pays, tandis qu'une dégradation orageuse localement marquée jeudi en fin de journée va amener de l'air relativement plus frais par l'ouest", souligne Météo-France, qui prévoit également "une baisse des températures progressive par la façade atlantique".
Ce jeudi, 72 départements sont en vigilance rouge, ce qui représente le pic de l'épisode caniculaire que connaît la France depuis le début de semaine. Le record de la nuit la plus chaude en France a été une nouvelle fois battu entre mercredi et jeudi, selon Météo-France.
61 départements sont placés en vigilance rouge pour la journée de vendredi, selon le dernier bulletin de Météo France. 25 autres départements sont en vigilance orange.
Le Pas-de-Calais, la Somme, La Seine-Maritime, l'Eure , le Calvados , l'Orne, l'Ille-
et-Vilaine, la Mayenne, le Maine-et-Loire, le Gers, la Haute-Garonne vont basculer de la vigilance rouge à orange durant la nuit prochaine.
Puis vendredi à compter de 6h, les 3 départements suivants redescendront de l'orange vers le jaune : le Finistère, les Côtes d'Armor et la Manche.
Une intersyndicale de l'éducation appelle les enseignants "à user de leur droit de grève là où cela est nécessaire" pour protester contre des "conditions de travail inacceptables" alors que la France connaît un épisode de canicule exceptionnel.
"La santé des personnels, des élèves et leurs conditions de travail sont mises en danger", s'alarment dans un communiqué commun la FSU, le SE-Unsa, la FNEC FP FO, la CFDT, la CGT, le Snalc et SUD, qui pointent "la responsabilité" du ministre de l'Éducation, du gouvernement et de "leurs prédécesseurs". Les organisations dénoncent une "impréparation manifeste " face à des épisodes pourtant jugés "prévisibles".
A Paris, 25 arrêts cardiaques ont été recensés "en 24 heures" sur la journée de mercredi, contre "moins de dix habituellement", a indiqué jeudi le cabinet de la ministre de la Santé Stéphanie Rist, dans le cadre d'un point presse sur les conséquences de la canicule.
"On commence à avoir et on s'y attendait, (...) les premiers décès" probablement liés aux températures extrêmes, qui "ne concernent pas que des personnes âgées déshydratées" mais aussi "des jeunes qui font des arrêts cardiaques", a dit le cabinet, précisant par ailleurs que les services d'urgences enregistraient au niveau national quatre fois plus de passages liés à la chaleur qu'habituellement.
Sébastien Lecornu a annoncé jeudi porter la mobilisation du système de santé à son niveau le plus élevé pour qu'il puisse "tenir dans la durée" face à une canicule exceptionnelle qui "ne faiblit pas" et une pression sanitaire qui "continue de s'intensifier".
"J'ai décidé d'activer le plan Orsan au niveau 3, le niveau le plus élevé de mobilisation sanitaire", a écrit sur le réseau X le Premier ministre, en expliquant que cela permettra de "renforcer les effectifs hospitaliers" grâce à la réserve sanitaire, "de renforcer la coordination" entre les hôpitaux, la médecine de ville, les cliniques et le secteur médico-social, et "d'adapter" les activités hospitalières avec "des déprogrammations ciblées d'interventions non urgentes" si nécessaire.
La canicule ne faiblit pas dans notre pays et la pression sur notre système de santé continue de s’intensifier.
C’est pourquoi, en concertation avec @stephanie_rist, j’ai décidé d’activer le plan ORSAN au niveau 3, le niveau le plus élevé de mobilisation sanitaire.…— Sébastien Lecornu (@SebLecornu) June 25, 2026
"Notre objectif reste le même depuis le premier jour : permettre à notre système de santé de tenir dans la durée et protéger les plus vulnérables", ajoute-t-il. Le niveau 4 du plan sanitaire Orsan correspond à un niveau post-crise de retour à la normale.
EDF a mis à l'arrêt jeudi le réacteur n°1 de la centrale nucléaire de Nogent-sur-Seine (Aube), le 2e après celui de Golfech arrêté depuis lundi, et des baisses de production sont en cours ou à prévoir dans d'autres sites, a indiqué le groupe à l'AFP.
Ce réacteur situé en bord de Seine est à l'arrêt depuis 9H15 jeudi pour "causes externes liées à l'environnement", afin de respecter les limites d'échauffement du fleuve, indique EDF sur son site d'informations réglementaires.
Le record de la nuit la plus chaude jamais enregistrée en France a une nouvelle fois été battu dans la nuit de mercredi à jeudi, deux jours après être déjà tombé, a annoncé jeudi matin Météo-France.
L'indicateur thermique national (ITN) des températures minimales, moyenne sur 30 stations de référence, "affiche une valeur provisoire de 22°C, nouveau record absolu", a indiqué le prévisionniste national à l'AFP. Le précédent record, datant de la nuit de lundi à mardi, était de 21,6°C.
Météo France a placé 12 départements de l'Ouest de la France en vigilance orange orages ce jeudi. La vigilance entrera en vigueur dès 16 heures. Les départements concernés sont la Manche, les Côtes d'Armor, l'Ille-et-Vilaine, la Mayenne, la Sarthe, mais aussi plus au sud, la Gironde, la Dordogne, les Landes, le Lot-et-Garonne, le Gers, les Hautes-Pyrénées et les Pyrénées-Atlantiques.
Ces épisodes orageux pourraient être accompagnés de violentes rafales de vent (90 à 110 km/h localement) ainsi que de chutes de grêle.
Un enfant de 3 ans est décédé mercredi en fin d'après-midi alors qu'il se trouvait seul dans une voiture à Saint-Gratien dans le Val-d'Oise, en pleine vague de chaleur, a appris jeudi l'AFP, de sources concordantes.
L'enfant a été "retrouvé par ses parents dans le véhicule stationné devant le domicile", a indiqué une source policière, tandis que les pompiers ont confirmé le décès.
Au moins 101 millions d'habitants en Europe, dont plus de 50 millions en France et 18 millions en Allemagne, devraient connaître des températures supérieures à 35°C à un moment de la journée jeudi, selon les calculs de l'AFP.
Au total, les températures maximales devraient dépasser 30°C pour plus de 380 millions d'habitants en Europe (hors Turquie), soit près des deux tiers. Cette analyse à partir des prévisions du service météorologique allemand et des projections de population en 2025 du Joint Research Center rejoint les chiffres de l'ONG autrichienne Klimadashboard.
Comme la veille, le territoire le plus durement touché par la vague de chaleur est la France métropolitaine, où quelque 63 millions de personnes devraient atteindre des températures de plus de 30°C jeudi, dont 53 millions au-delà de 35°C.
Les températures devraient aussi dépasser 30°C pour plus de 70 millions d'habitants en Allemagne, 48 millions en Italie et 38 millions au Royaume-Uni.
Le maire de Paris Emmanuel Grégoire a rapporté jeudi une "mortalité en hausse" dans la capitale à cause de la canicule, sans donner de chiffres, et appelé "solennellement" à la prudence, y compris les plus jeunes.
"La mortalité est en hausse, (...), on a à peu près tous les indicateurs qui sont en situation difficile. C'est à la fois les recours au Samu, les recours aux pompiers, les admissions aux urgences, les décès", a déclaré le maire socialiste sur TF1, précisant que c'était "aux autorités sanitaires de communiquer là-dessus".
Mercredi, il a fait 40,3°C à Paris. C'était la quatrième fois en 150 ans de mesures que la capitale dépassait 40°C, et la première fois cette année.
"J'appelle solennellement les gens à être prudents pour eux-mêmes" en se protégeant du soleil et à ne pas sortir aux heures les plus chaudes, a ajouté Emmanuel Grégoire.
Il a fait part d'une "situation critique pour les plus vulnérables", mais aussi pour ceux "qui ont entre 50 et 70 ans qui croient qu'on vit une période normale mais continuent à vaquer à leurs occupations comme d'habitude".
Environ 3.500 établissements scolaires sont fermés et 10.000 aménagent leurs horaires jeudi, à cause de la canicule, a indiqué le ministre de l'Education nationale Edouard Geffray sur France 2.
"On laisse les parents apprécier la situation qui leur semble la plus optimale pour leur enfant", les garder à domicile ou les envoyer à l'école, "en partant du principe quand même qu'on est toujours à priori mieux à l'école que chez soi", a-t-il redit.
Selon le ministère, contacté par l'AFP, les établissements concernés par des fermetures ou des horaires modifiés sont essentiellement des écoles primaires.
Mercredi, 6.000 écoles avaient annoncé être soit fermées, soit aménagées pour la journée de mercredi, un chiffre nettement plus élevé que les précédents jours.
Cet épisode caniculaire devrait prendre fin progressivement. Cela va commencer par l'ouest dès ce vendredi et par la Bretagne en particulier, où on attend 26 degrés à Brest. Samedi, la façade atlantique va connaître un rafraîchissement. Dimanche, les régions situées entre le sud-ouest et le nord-est du pays seront concernées. Et puis le rafraîchissement va se faire entre lundi et mercredi pour le quart sud-est entre les Alpes et le pourtour méditerranéen.
Même si les températures vont nettement baisser avec des orages — on va perdre 16 degrés globalement — la sensation de chaleur va bien rester présente pendant quelques jours encore sur les sols, les bâtiments, les maisons qui ont accumulé tellement de chaleur que le rafraîchissement sera long.
La vigilance rouge canicule sera levée dans 11 départements de l'Ouest à partir de jeudi 22H00, a annoncé jeudi Météo France dans son bulletin de 06H00.
Le Finistère, les Côtes d'Armor, la Manche, le Morbihan, la Loire-Atlantique, la Vendée, la Charente-Maritime, la Gironde, les Landes, les Pyrénées-Atlantiques et les Hautes-Pyrénées seront rétrogradés jeudi soir en orange, selon l'organisme météorologique, qui maintient 61 départements en rouge au moins jusqu'à vendredi.
"Vendredi, une baisse des températures progressive par la façade atlantique s'esquisse suite à la dégradation orageuse de jeudi soir", indique Météo France.
Avec 72 départements en vigilance rouge, jeudi pourrait être le pic de l'épisode caniculaire que connaît la France depuis le début de semaine.
Les températures devraient à nouveau monter à des niveaux "exceptionnellement élevés", après avoir atteint jusqu'à 43,8°C à Palluau (Vendée) mercredi, selon Météo-France.
Du Sud-Ouest au Nord-Est, 51,1 millions de Français sont jeudi en vigilance rouge, dont 5,6 millions de personnes de 75 ans et plus, selon un décompte de l'AFP.
La ministre de la Santé Stéphanie Rist a lancé mercredi soir sur France 2 un "cri du coeur": "Je voudrais que tout le monde (...) se mobilise pour les personnes qui sont isolées. Si vous êtes vous-même à côté de quelqu'un qui est isolé, allez voir votre voisin, demandez-lui s'il va bien".
"L'impact de la chaleur arrive cinq à dix jours après le début de la canicule", a-t-elle également rappelé, alors que le pays vit jeudi son cinquième jour consécutif de vigilance rouge.
Chaque jour, la France plonge un peu plus dans l'inconnu. Avant l'épisode actuel, jamais plus de 20 départements n'avaient été placés simultanément en vigilance rouge canicule depuis la création de ce dispositif en 2004, dans le sillage de la canicule historique d'août 2003.
Mercredi a été la journée la plus chaude jamais enregistrée en France, selon Météo-France, effaçant le précédent record seulement établi la veille.
"On n'est qu'au début de l'histoire", craint sur la Grand'Place de Lille Amandine Rogeau, 42 ans, qui s'inquiète de températures qu'elle n'a "jamais connues" mais qui pourraient devenir monnaie courante dans les années à venir.