La Villa Majorelle, maison emblématique de l'Art Nouveau de Nancy

  • A
  • A
5:05
© Europe 1
Balades gourmandes est une chronique de l'émission Toute l'info du week-end
Partagez sur :

Chaque dimanche, Vanessa Zha et Marion Sauveur nous emmènent en weekend gourmand et livrent leurs adresses coups de cœur. 

Direction la Lorraine ce weekend, et Nancy plus précisément, où Vanessa Zha a poussé pour nous les portes de la Villa Majorelle.

C'est la maison emblématique de l’Art Nouveau nancéien, et elle rouvre justement ce weekend après une longue période de restauration. Ce sont surtout les pièces qui ont été minutieusement restituées avec les meubles et les décors dans lesquels vivait Louis Majorelle, le célèbre ébéniste pour lequel Henri Sauvage, jeune architecte à l’époque, a conçu cette maison assez extraordinaire, il faut le dire. C’est une maison construite par un artiste, pour un artiste, et elle est restée debout malgré les bombardements de 1916, même si le vitrail du salon a explosé. Il a été remplacé par un vitrail qui va vous interpeller, puisqu'il est d’inspiration marocaine. Et ça ce n’est pas un hasard ! 

Il y a un lien avec la célèbre Villa Majorelle de Marrakech, qu’Yves St Laurent s’était offerte et que le fils Majorelle avait faite construire. Il était parti s’installer sous le soleil du Maroc pour des raisons de santé. Et c’est lui qui a suggéré à son père de remplacer le vitrail cassé par des motifs marocains ultra-colorés. C’est très beau quand le soleil tape sur le vitrail et que la lumière se réverbère sur le parquet. Vous l’avez compris, vous êtes dans un monument labellisé « Maison des Illustres », c’est justement pour ça que vous enfilez des surchaussures de protection pour la visite.

Si on a envie de voir ou faire autre chose ?

Et bien on part a l’assaut du patrimoine industriel de Nancy : les établissements Spire, l’ancienne usine de fabrication de chaussures, ou l’ancienne manufacture des Tabacs, qui ont conservé leur grandes cheminées, les brasseries de Maxeville, l’ancien site Alstom, les Docks. Vous avez le choix. Et puis si vous êtes avec des enfants, vous visitez la ville en ayant une boite en carton recyclée dans les mains : une Citybox. C’est un jeu de rallye pour découvrir le centre-ville.

Et côté hébergements ?

Le premier est à deux pas de la place Stanislas : des chambres d’hôtes dans une ancienne maison de chanoines, la Maison de Myon. Un lieu feutré avec de la glycine et de très vielles caves toutes en pierre et fer forgé. Et dans un tout autre genre : la Villa 1901, une maison d’hôtes très design.

Marion Sauveur, de quelle spécialité nancéienne allez-vous nous parler ? 

J’ai beaucoup hésité, puisque pour les becs sucrés comme moi il y a le choix : le chardon Lorrain créé au milieu du XIXe siècle par les confiseurs de Nancy, le macaron de Nancy mis au point par deux religieuses, le Gâteau Saint-Epvre du nom de la basilique et de la place que l'on mange le dimanche, très gourmand, composé de deux grands macarons et fourré d’une crème à la vanille mêlée de la nougatine pilée. Il y a comme ça pas moins de vingt gourmandises qui ont été répertoriées sous la marque Nancy Passions sucrées, créée en septembre dernier. Mais la plus connue, c’est la bergamote de Nancy. Un petit bonbon à la belle couleur ambrée, translucide et de forme carrée. 

Pourquoi on parle de la bergamote à Nancy, les bergamotiers poussent là ? 

Vous en trouverez dans le jardin botanique, mais c’est tout, puisque le bergamotier n’est pas originaire de Nancy mais d’Italie. On ne sait pas vraiment comment il est apparu. Les botanistes pensent qu’il serait issu d’un croisement entre un bigaradier qui donne des oranges amères et un citronnier. Son fruit, la bergamote, est immangeable : trop acide et trop amer. Mais on réalise des merveilles avec son huile essentielle que l’on trouve dans la peau : et notamment de l’eau de Cologne. Les premiers “bonbons” à base d’essence de bergamote vont voir le jour au XVIIIe siècle. Ce sont des pastilles parfumée pour garder une bonne haleine après le repas que l'on les verra sur les tables notamment du Duc de Lorraine Stanislas Leszczynski. 

Mais les vraies confiseries vont apparaître dans les années 1850. Le confiseur Jean-Frédéric Godefroy Lillich, installé à Nancy, a l’idée de mélanger cette essence de bergamote dans un sucre cuit. Il lui donne une forme carré : la bergamote de Nancy est née. Et son succès va être mondial, surtout après l’Exposition Universelle de 1909, à Nancy, où les bonbons sont présentées dans des boîtes en métal, décorées par Louis Majorelle. Aujourd’hui, c’est toujours la même recette avec de l’essence de Bergamote qui vient d’Italie, de Calabre, reconnue pour sa qualité. La bergamote de Nancy a même obtenu une Indication Géographique Protégée (IGP), il y a déjà 27 ans. 

Où est-ce qu’on peut les acheter ces bergamotes de Nancy  ?  

  • Dans l’une des 4 confiseries de Nancy : Confiserie Stanislas, Confiserie Lalonde, Les Sœurs Macarons et la Confiserie des Hautes-Vosges.
  • Vous pouvez aussi les goûter à la table de la plus belle brasserie historique de Nancy : l'Excelsior. Le chef Jacques Hildenbrant réalise un dessert : le Tout Nancy. Un entremet glacé, où l’on retrouve les macarons de Nancy, la mirabelles et des brisures de bergamotes de Nancy. Elles donnent le croquant à ce dessert glacé.