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Chaque dimanche, Vanessa Zha et Marion Sauveur nous emmènent en weekend gourmand et livrent leurs adresses coups de cœur. 

Ce dimanche, vous nous emmenez en Normandie, pour prendre l’air de la Manche. Vanessa Zha, c’est à vélo qu’on suit la côte en empruntant la Vélomaritime. 

C'est l’itinéraire français de l’EuroVélo 4, la véloroute européenne qui relie Roscoff à Kiev, en Ukraine, sur 4.000 kilomètres. Et cette vélomaritime, qui a été a été labellisée il y a tout juste un an, vous déroule un tapis rouge pour pédaler de Roscoff à Dunkerque, en longeant le littoral. Mais c’est bien plus que du vélo, c’est un itinéraire de découvertes. Sur ses 1.500 km de pistes, vous avez rendez-vous avec quatre monuments nationaux, trois des plus beaux villages de France, cinq grands sites de France, et trois sites classés au Patrimoine mondial de l’Unesco, dont la baie du Mont Saint-Michel.

Une abbaye du Mont Saint-Michel qui a d’ailleurs rouvert il y a quelques jours.

Exactement, et n’oubliez pas de réserver surtout. Alors est-ce que vous saviez que dans cette baie, il n’y avait pas qu’un seul mont ? En fait il y en a deux ! Le Mont Saint-Michel a un petit frère, le Mont Tombelaine, qui attirait lui aussi les pèlerins au Moyen-âge, avec sa ville fortifiée, son église (qui ont disparu depuis). Aujourd’hui on est dans un autre monde, la nature a repris ses droits.

Mais alors d’ou vient ce nom Tombelaine ? Et bien avant d’être christianisé, le Mont Saint-Michel s’appelait le Mont tombe. Tombelaine viendrait e fait de Tombelane qui veut dire petite tombe. Et passer de l’un à l’autre, c’était passer de la vie à la mort, on venait d’ailleurs en pèlerinage pour gagner son paradis. Donc vous aussi traversez la baie en passant de l’un a l’autre mais jamais seuls, toujours avec un guide agréé s'il vous plait !

Vers qui se tourner justement pour les traversées ?

Les incontournables Chemins de la baie qui sont basés à Genets et qui proposent tous types de traversée : pieds nus, en nocturne… Et puis il y a aussi un petit nouveau : Birding. Sébastien, lui vous emmène en balade itinérante et méditative, avec des jumelles et un masque pour les yeux, histoire de découvrir en même temps les oiseaux de la baie. C’est un véritable éveil des sens, magique quand vous écoutez la fauvette a tête noire, les yeux bandés. C'est très ressourçant, très joyeux. 

Et où pose-t-on nos valises et nos jumelles ?

A la Ferme de la Motte au Mesnil-Gilbert, au cœur du bocage, pas loin de Sourdeval. La maîtresse de maison, Anne, est super chaleureuse, elle donne des cours de cuisine, vous apprend a faire votre pain, et elle fait aussi table d’hôtes bio. Pour information, la Manche a lancé un bon plan : pour tout hébergement réservé, vous recevez jusqu'à 100 euros de chèque évasion pour des activités ou des restaurants.

Marion Sauveur, quelle spécialité gourmande avez-vous dégoté près du Mont Saint-Michel ? 

Une herbe sauvage que l’on trouve dans les baies sur les grèves, au niveau des prés salés régulièrement recouverts par la marée. C’est la salicorne, qu’on appelle aussi le haricot de mer et qui a un bon petit goût iodé. C’est tout juste la saison. On la trouve à la bonne taille, depuis une quinzaine de jours.

On ne sait pas vraiment quand la salicorne est apparue. A en croire une Revue de botanique appliquée et d'agriculture coloniale de 1922, il est probable qu’elle ait été utilisée dans l’Antiquité par les Grecs et les Romains. Une chose est sûre : pendant le Moyen-Age, en Afrique du Nord, on l’utilisait pour fabriquer de la soude. La première trace écrite sur la salicorne date du milieu du XVIe siècle, dans un ouvrage sur la botanique. Et la première mention de la salicorne comme un aliment se retrouve en 1855 dans les Annales d'hygiène publique et de médecine légale, signées par Lassaigne. Il explique que la salicorne présente "les caractères d'un légume aussi frais et aussi bon que les haricots verts qu'on sert sur les tables".

Aujourd’hui, la cueillette de la salicorne est réglementée.

Oui, il faut un permis de cueilleur ! Si vous n’avez pas de permis vous pouvez tout de même en cueillir mais la quantité est limité à une poignée par main. Il ne faut surtout pas arracher la plante, sinon elle ne repoussera pas. Il faut la couper proprement avec un couteau ou des ciseaux. D’ailleurs il n’y a que les tiges qui sont tendres et qui se mangent. Et vous avez jusqu’au 15 septembre pour la cueillir dans la Manche. 

Une fois que vous avez vos tiges de salicorne, il ne faut pas attendre pour la cuisiner, sinon elle vont perdre leur bon goût d’iode. D’ailleurs pour conserver cette saveur et leur croquant, il ne faut pas les cuire. Préparez-les dans une vinaigrette ou ajoutez-les au dernier moment dans un beurre blanc par exemple. 

Marion, est-ce que vous avez une bonne adresse pour déguster de la salicorne ? 

Le restaurant L’Obione à Avranches. Le chef Sébastien Godefroy met en valeur les produits du terroir. Il adore ces herbes sauvages comme la salicorne, l’obione ou la beta maritima. Cet été il propose notamment un camembert farci aux salicornes et autres herbes de la baie.