Vendée Globe et handball : le sport peut être aussi addictif qu’une série à suspense

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L'édito sport est une chronique de l'émission Europe Matin - 7h-9h
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Chaque jour, la matinale d'Europe 1 revient sur l'un des événements sportifs qui fait l'actualité. Ce jeudi, Virginie Phulpin revient sur la soirée sportive entre l'équipe de France de handball qui s'est qualifiée en demi-finale du Mondial et l'arrivée des premiers skippers du Vendée Globe aux Sables-d'Olonne. Selon elle, cette soirée de couvre-feu était un véritable bonheur sportif.

L’équipe de France de handball est en demi-finale du Mondial. Elle a battu la Hongrie après prolongation hier soir. Pendant que Charlie Dalin franchissait la ligne d’arrivée du Vendée Globe avant la victoire finale de Yannick Bestaven. Pour Virginie Phulpin, la soirée de ce mercredi nous a bien montré à quel point le sport pouvait être aussi addictif qu’une série à suspense. 

Ce qui fait le sel d’un polar réussi, c’est que toutes les deux minutes, vous êtes persuadé d’avoir trouvé le coupable, on ne vous la fait pas à vous, puis vous changez d’avis en permanence, et vous êtes quand même surpris lors du dénouement final. Le sport a ce pouvoir-là. Celui de vous tenir en haleine, de vous faire passer du découragement aux cris de joie en une fraction de seconde, et vice-versa.

La soirée de ce mercredi est un modèle du genre. Une double série, entre le handball en Egypte et le Vendée Globe dans le Golfe de Gascogne. Attention, les décors sont aussi soignés que les scénarios dans le sport. En matière de rebondissements, on a été servis. Les Bleus du hand ont raté leur première mi-temps dans les grandes largeurs, pendant que Charlie Dalin arrivait le premier aux Sables d’Olonne. Quoi, ça y est, la messe est dite ? Oh, c’est déjà bien que notre équipe de France qui revenait de nulle part ait atteint les quarts de finale. Mais comment ça le premier à passer la ligne d’arrivée n’est pas forcément le vainqueur du Vendée Globe ? Ah d’accord, il y a des bonifications, il faut sortir calculettes et chronomètres et patienter, tourner, virer, jusqu’au bout de la nuit. Avouez qu’elle est bien ficelée, cette intrigue. Le sport n’a pas son pareil pour ébranler nos certitudes et transformer une soirée de couvre-feu en Cluedo grandeur nature.  

Il fallait avoir le cœur bien accroché ce mercredi soir  

Tant que le coup de sifflet final n’a pas retenti, tant que la ligne d’arrivée n’est pas franchie, on n’est sûr de rien. Nos handballeurs se sont arrachés en deuxième mi-temps face à la Hongrie. Et j’ai encore tiré des conclusions hâtives. Ils vont gagner alors ? Ce serait trop simple comme dénouement. Allez, vous prendrez bien des prolongations ?

Au même moment, Boris Hermann heurtait un chalutier dans le Golfe de Gascogne. Ses rêves de victoire envolés en une fraction de seconde. Et au bout de la nuit, au bout du suspense, le vainqueur s’appelle Yannick Bestaven. Le sport réussit à nous offrir un bol d’air tout en rendant l’atmosphère irrespirable. Kamoulox quand même.

A quel moment on se dit que c’est gagné pour les Bleus du hand ? A 34-32 quand il reste une minute 30 à jouer ? Non, trop tôt. A 35-32 alors, à moins d’une minute de la fin ? Oui, c’est bon ! La France est en demi-finale. Du bout du monde au dernier carré.

Du bout du monde aux Sables d’Olonne pour les skippers. Le sport nous fait vivre mille vies en un couvre-feu. Cris, pleurs, peur et soulagement. Faites juste attention que vos voisins ne croient pas que vous organisez une soirée clandestine…