Sport amateur : "Il n’y a plus d’argent ni pour faire fonctionner les clubs ni pour remplacer les équipements vieillissants"

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© Europe 1
L'édito sport est une chronique de l'émission Europe Matin - 7h-9h
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Virginie Phulpin dénonce le rejet, par les députés, des amendements visant à déplafonner les taxes affectées au financement du sport. Elle estime que les conséquences de cette décision seront problématiques pour le sport amateur déjà en souffrance financière. 

Dans le projet de loi de finances 2020, les députés ont rejeté des amendements qui visaient à déplafonner les taxes affectées au financement du sport. C’est le sport amateur qui va en souffrir. Vous demandez des explications. 

 

D’un côté, on est très fier de préparer les Jeux olympiques de 2024 à Paris, et de l’autre, on laisse tomber le sport amateur en France. Il y a quelque chose qui ne va pas. Pour résumer, il y a deux taxes, une sur les paris sportifs, et l’autre sur les droits de retransmission télé des événements sportifs. Ces taxes sont affectées à l’Agence nationale du sport. En 2017, elles ont atteint près de 300 millions d’euros. Mais ensuite, on a plafonné ces taxes, elles ont diminué de moitié. Et qui en souffre ? Pas le PSG. Mais le sport amateur. Il n’y a plus d’argent ni pour faire fonctionner les clubs ni pour remplacer les équipements vieillissants. Quatre équipements sportifs sur dix ont été construits il y a plus de 40 ans en France. Quand on veut préparer toute une génération à s’illustrer en 2024, il y a comme un paradoxe.

Là, le député apparenté socialiste Régis Juanico a proposé de déplafonner ces taxes. Pour que les clubs puissent bénéficier de plus d’argent, sans augmenter le budget de l’État pour le sport. Ses amendements ont été rejetés. A une voix près. Ce sont les députés de la République en marche qui ont massivement voté contre. Pourquoi ? Pourquoi, quand la Coupe du monde féminine de foot est organisée en France, tout le monde jure ses grands dieux qu’il faut plus de moyens, qu’on doit redistribuer plus équitablement l’argent du sport. Et derrière, quand il faut agir, on dit non. Je voudrais juste qu’on nous explique pourquoi. 

 

Les fédérations sportives s’étaient mobilisées en faveur de ces amendements.

 

Oui, je prends l’exemple de la Fédération française de boxe. Elle a lancé un appel en demandant aux députés d’adopter ces amendements. Peine perdue. Ce qui me gêne c’est la différence entre les discours et les actes. Tous les politiques nous disent que le sport amateur n’a que des vertus, pour former les sportifs de demain et les citoyens d’aujourd’hui. Mais si ce ne sont que des paroles en l’air, autant se taire, ou dire clairement qu’on a d’autres chats à fouetter. Donc ce matin, je pose la question aux députés de la majorité. Que comptez-vous faire pour le sport amateur ?