Finales du Grand Chelem féminin en cinq sets : la bonne idée d'Amélie Mauresmo

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L'édito sport est une chronique de l'émission Europe Matin - 7h-9h
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Chaque jour, la matinale d'Europe 1 revient sur l'un des événements sportifs qui fait l'actualité. Ce jeudi, Virginie Phulpin s'intéresse à la proposition d'Amélie Mauresmo qui souhaite que les finales du Grand Chelem féminin soient jouées en cinq sets. Pour Virginie Phulpin, c'est un grand oui !

Et si les femmes jouaient aussi au tennis au meilleur des cinq sets ? Amélie Mauresmo est favorable à cette évolution dans les finales des tournois du Grand Chelem. Elle l’a dit lors d’un entretien avec Arnaud Di Pasquale cette semaine. Pour Virginie Phulpin, c’est un grand oui !  

Il y a deux boussoles au tennis. Novak Djokovic indique systématiquement le Sud, et Amélie Mauresmo nous montre le chemin vers le Nord. Ce qui est un peu plus le rôle d’une boussole, avouons-le. Vous vous souvenez du numéro 1 mondial qui voulait que les tournois du Grand Chelem se jouent en deux sets gagnants pour les hommes ? Là, Amélie Mauresmo prend l’exact contrepied en se disant favorable à ce que les femmes jouent en trois sets gagnants les finales de ces Grands Chelems. En fait, il y en a un qui pense marketing et retransmission télé, et l’autre qui réfléchit au jeu et à l’évolution du circuit féminin. Virginie Phulpin est plus attentive aux paroles de la Française. Elle dit qu’on voit trop souvent des finales à sens unique, ce qui manque d’intérêt.

Effectivement, à Wimbledon par exemple, ça fait 10 ans qu’on n’a pas vu une finale dames accrochée en trois sets. Alors vous allez peut-être me dire que ça ne changerait rien, qu’on verrait juste un set de plus dans un match à sens unique. Mais non. Parce qu’un match en trois sets gagnants, on ne peut pas l’aborder de la même manière. Vous pouvez tout maîtriser pendant une heure, gagner vos deux sets et c’est fini. En gagner trois, ça demande de gérer son effort, plus personne n’est à l’abri d’une fringale, d’un revers qui se grippe ou d’un adversaire qui arrive à sortir la tête de l’eau. Et tout peut se renverser. C’est le genre de batailles que Virginie Phulpin a envie de voir sur un court de tennis. Chez les femmes aussi.  

Mais est-ce que c’est possible, physiquement, pour les femmes ?  

Elles l’ont déjà fait. Entre 1984 et 1998, la finale du Masters, le tournoi qui réunit les huit meilleures joueuses du monde, se jouait bien au meilleur des cinq manches. En 1990, Monica Seles a battu Gabriela Sabatini en cinq sets et 3 heures 47 de jeu. Un match qui reste mythique.

Si on veut que les femmes puissent avoir ce genre de match de légende, essayons de jouer en cinq sets. En plus, Amélie Mauresmo ne parle que des finales des Grands Chelems, donc on a sur le court les meilleures du monde, elles peuvent tenir, ce sont des sportives de très haut niveau. Et puis ça peut faire évoluer leur jeu, les pousser à travailler davantage leur endurance, aussi bien physique que mentale. C’est là qu’on va voir des rencontres époustouflantes.

Enfin au-delà du tennis, du jeu en lui-même, ça éviterait les sempiternelles remarques sur l’égalité salariale dans ces tournois du grand chelem "ben pourquoi elles gagnent autant alors qu’elles ne jouent que deux sets ?". Ouf.