#PasDeVague : Jean-Michel Blanquer est à côté de la plaque

SAISON 2018 - 2019 , modifié à
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Chaque matin, Jean-Michel Aphatie a carte blanche pour nous éclairer sur un sujet qui l'a marqué dans l'actualité. Ce matin, notre éditorialiste revient sur la réaction du ministre de l'Éducation nationale au malaise des enseignants.

 

>> Depuis deux jours et la médiatisation d'une vidéo illustrant un lycéen braquant sa professeure pour qu'elle le note présent, les enseignants prennent la parole pour dénoncer la violence dont ils sont victimes dans les collèges ou les lycées. Pour Jean-Michel Aphatie, l'attitude du ministre de l'Éducation Jean-Michel Blanquer illustre un profond malaise, voire une véritable fracture, au sein de l'institution scolaire.

"Bien sûr, les professeurs qui prennent la parole veulent faire passer le message de la violence qu'ils subissent dans les établissements scolaires, les insultes, les agressions dont ils sont victimes de la part de collégiens, de lycéens mais aussi, quelques fois, de parents d'élèves. Ce qu'ils racontent de plus intéressant, au fond, c'est ce qui se passe après l'agression, c'est-à-dire les conseils de discipline qui ne fonctionnent pas et les chefs d'établissement qui sont accommodants.

Ce qui ressort principalement du hashtag #PasDeVague, c'est que les enseignants se sentent abandonnés par leur hiérarchie. Ils sont seuls en première ligne pour gérer les situations difficiles. Le pouvoir politique et donc les maires ont une part de responsabilité pour régler ce problème, parce qu'il faut donner un cadre à des jeunes sans repères. Mais cette vague signifie qu'il y a aussi un malaise à l'intérieur de l'Éducation nationale, une coupure entre les fonctionnaires qui ne sont pas en première ligne et les professeurs qui, sur le terrain, doivent gérer des situations difficiles.

Entendu sur europe1 :
Ce qui gêne un peu Jean-Michel Blanquer, c'est que le linge sale soit déballé en dehors de la famille

C'est là que, d'une manière étonnante, Jean-Michel Blanquer est intervenu. On aurait pu attendre un ministre de l'Éducation nationale enthousiaste à l'idée que les bouches s'ouvrent et que la parole se libère. Pas du tout. 'Ça ne me gêne pas que des gens disent ce qui leur arrive sur le terrain', a-t-il répondu. On a quand même connu plus enthousiaste et quelqu'un qui dit 'ça ne me gêne pas', en fait il dit 'oui, ça me gêne un peu'. Ce qui le gêne un peu, c'est que le linge sale soit déballé en dehors de la famille.

Jean-Michel Blanquer a ajouté autre chose de plus surprenant : "Il faut faire la part des choses. Ce n'est pas parce qu'on écrit un tweet que ça correspond à la réalité." Au fond, Jean-Michel Blanquer dit : 'Mais est-ce qu'on est sûr de ce qu'ils racontent, les professeurs ?' C'est quand même stupéfiant de voir le ministre, au sommet de la pyramide, qui doute de ce que racontent ses troupes à la base.

On mesure l'épaisseur du malaise à l'Éducation nationale, où ce qui manque surtout, c'est la confiance entre ceux qui sont tous les jours sur le terrain et ceux qui, dans les bureaux, n'ont visiblement pas la même appropriation de la réalité. Il y a un certain travail à faire au sein de la société, mais aussi au sein de l'Éducation nationale pour dissiper un malaise et faire face aux nombreux problèmes que connaît cette institution."

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