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Tous les jours de la semaine, Europe 1 décrypte trois articles de la presse du jour.

 

Pressing Ombline Roche

Alors que le salon de l’Agriculture bat son plein ! L’Insee a publié hier soir les nouveaux chiffres sur ce que touchent nos paysans en France. Chiffres relayés par le site du Huffington Post. 

Ce qu’il faut bien comprendre d’abord c’est qu’en France, l’agriculture fait partie des secteurs d’activité où les différences de niveaux de vies sont les plus marquées.

L’Insee indique donc qu’en 2020, les 10 % les plus aisés gagnaient 3 700 euros par mois en moyenne, contre 900 euros pour les plus modestes. Ce qui est intéressant c’est de mettre ces chiffres en perspective avec la rémunération des Français. Eh bien les 10 % des Français les mieux lotis ont gagné 3 300 euros par mois et les plus pauvres 990 euros.

Pour les agriculteurs, cette rémunération dépend, en fait, du type d’exploitation !

Absolument et c’est toute la difficulté pour nous d’y voir clair. Dans la filière viande, les bovins, le niveau de vie médian en 2020 a été de 19 500 euros contre 27 100 euros pour les vignerons.

Cela dépend aussi de la taille de l’exploitation.

Oui plus l’exploitation est importante, plus les revenus sont élevés. Seule exception à cette règle : les micro-exploitations.

D’une manière générale c’est l’agriculture conventionnelle qui paye le mieux par rapport au bio.

Il faut savoir enfin, dit l’Insee, que le taux de pauvreté pour les exploitants agricoles s’élevait à 16 %, c’est plus que la population générale, à 14 %...

Combien gagnent vraiment les agriculteurs ? Les nouveaux chiffres de l’Insee sur le site d’informations Huffington Post

 

Pressing Alexandre le mer

Il y a au moins une raison de se réjouir pour les éleveurs, dans les allées du salon de l’agriculture. On peut lire ce matin dans le Figaro qu’on n’a plus le droit de parler de “steak végétal”.

Vous savez, ces steaks à base de soja pour les consommateurs vegans. C’était déjà une vieille demande de la filière de l’élevage. "Steak végétal", c’est un gros mot, un steak sans viande, ça ne doit pas s’appeler un steak. Les éleveurs, les bouchers ont été entendus, puisque une nouvelle fois, le gouvernement interdit l’appellation “steak végétal”.

"Une nouvelle fois", parce que effectivement, le gouvernement avait déjà essayé d’interdire la mention steak sur les produits vegans.

Il y a bientôt deux ans, mais le Conseil d’Etat trouvait le texte pas assez cadré. Il attend toujours depuis, dans les tuyaux de la justice européenne.

Sans attendre le fin mot de l’histoire, le gouvernement sort donc un nouveau décret où il liste précisément toutes les appellations qui doivent être réservées à la viande, il y en a 140.

Retenez que d’ici un an, le temps d’écouler les stocks, vous ne verrez plus “steak végétal” sur les steaks de soja.

Ça irrite à ce point les éleveurs, les bouchers, qu’un steak de soja puisse s’appeler steak végétal ?

Leur argument, c’est que ça crée de la confusion dans l’esprit des consommateurs. Bon évidemment, ce n’est pas qu’une bataille des mots. C’est la bataille des revenus pour les éleveurs comme pour tous les agriculteurs. C’est aussi une bataille culturelle, sur fond de baisse de la consommation de viande. On mange de moins en moins de viande en France.