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Adidas en train de mettre fin à la mondialisation et le bras de fer entre Guillaume Pépy et le gouvernement : les experts d'Europe 1 vous informent

Les experts d'Europe 1

9 juin 2016

Episode - 00 minutes - Société

Description de l'épisode

Antonin André et Axel de Tarlé font le point sur l'actualité du jour.


Antonin André, expert politique

La politique c’est le bras de fer entre Guillaume Pepy le patron de la SNCF et le gouvernement sur fond de grève. La grève est reconduite aujourd’hui pour le 9ème jour consécutif. Le problème, c’est que le gouvernement et le patron de la SNCF n’ont pas tout à fait le même objectif.

Le train de la SNCF peut se prendre le mur, ce qui compte pour le gouvernement c’est la loi Travail. Guillaume Pepy, lui, la loi Travail ce n’est pas son sujet, ce qu’il veut c’est préparer l’entreprise à l’ouverture à la concurrence. Quitte à aller au bras de fer avec les syndicats. Il veut mettre en place un temps de travail plus important et plus flexible avec à la clef des gains de productivité. L'objectif est de 500 millions d’économies par an. Et Guillaume Pépy pensait qu’il avait le soutien du Premier ministre ! Il y a un peu plus d’un an, au moment du conflit à Air France, Manuel Valls avait dit à Pépy en substance: "tu as vu comme on tient pour Air France, on tiendra pour la SNCF". Sauf qu’à l’époque, le gouvernement n’avait pas du tout dans son agenda la réforme Travail. Résultat, le patron de la SNCF qui croyait être soutenu s’est fait tordre le bras par Matignon : 'Il est sympa Pépy, explique en privé le Premier ministre, mais je lui ai dit ce n’est pas toi qui paiera le coût politique d’une grève longue et dure'. Donc Guillaume Pépy a été prié de se coucher, un accord pour quasiment rien et en échange L’état, par la voix de Manuel Valls annonce une série de coup de pouce financiers à la SNCF et la reprise d’une partie de sa dette.

Le problème, c’est que malgré ce renoncement la grève dure toujours à cause de la loi Travail et Le bras de fer avec Guillaume Pépy a fait des dégâts. Au point que l’on peut se demander si ses jours sont comptés...

C’est très compliqué pour lui. Matignon et l’Élysée ont fait savoir qu’il lui avait trouvé un successeur. Tu veux partir ? "no probleme" pars ! Guillaume Pépy qui, ironise-t-on au gouvernement, n’a pas de point de chute, a finalement décidé de rester et d’avaler la couleuvre. Mais le bras de fer est loin d’être terminé parce que rien n’est réglé. Le problème des conditions de travail des cheminots est juste repoussé à plus tard, après la loi Travail qui reste aujourd’hui le seul horizon du gouvernement.
Ce même gouvernement, qui demande à Guillaume Pépy de lâcher aujourd’hui, lui mettra la pression dans le cadre de ce qu’on appelle les contrats de performance de la SNCF où il sera question de polyvalence des cheminots, de temps de travail. Pépy a jusqu’à la fin de l’année pour réussir. Le problème c’est qu’aujourd’hui Guillaume Pépy sort fragilisé de cette séquence. Fragilisé par le gouvernement qui lui a tordu le bras et fragilisé aussi, il faut le dire, par ses envies d’ailleurs. Il y a quelques mois il avait mené une campagne très active pour prendre la direction d’Air France sans succès. Le doute sur ses capacités à réformer la SNCF est aujourd’hui bien réel.

Axel de Tarlé, expert économie

Adidas est en train de mettre fin à la mondialisation.
En tout cas, Adidas est en train de relocaliser sa production dans les pays consommateurs à commencer par l'Allemagne.

Adidas qui avait tout délocalisé en Chine dans les années 80 et 90 était le fer de lance de la mondialisation.
Le retour de balancier, c'est qu'Adidas relocalise ses usines en Europe.
Une première relocalisation est en cours de construction en Bavière avec des usines entièrement robotisées comptant seulement 160 salariés.
Une autre relocalisation va suivre aux États-Unis.
L'objectif est de fabriquer sans intervention humaine, un million de paires de basket. Un million sur 300 millions produites aujourd'hui.
Mais, à terme, l'objectif c'est surtout de tout rapatrier pour produire au plus près du consommateur. Ce qui permet d’être plus rapide, de mieux suivre la mode et de ne pas avoir de stock, grâce notamment à la robotique.

Cela veut dire que les usines en Chine vont fermer mais ça veut également dire qu'une crise industrielle majeure va avoir lieu en Chine.

Effectivement, car d'autres secteurs vont suivre comme le textile ou les smartphones.
On va assister à un vaste mouvement de relocalisation grâce à la robotique.
Donc c'est un sérieux coup de canif dans la mondialisation telle qu'on la connait, ce grand barnum mondial où les objets font trois fois le tour de la planète avant d'arriver dans nos magasins. Un barnum dont la Chine était au cœur.
La robotique va donc bien tout changer.

Que font les Chinois ? Misent-ils tout sur la robotique ?

La grande affaire du moment en Allemagne, c'est que les Chinois sont en train de racheter le champion allemand des robots, Kuka, qui fabrique des robots pour Volkswagen, Airbus ou encore Renault.
Ça suscite un tollé en Allemagne. Le ministre allemand de l’Économie, Sigmar Gabriel, en appelle au patriotisme européenne pour faire barrage aux chinois et trouver une solution européenne pour sauver ses robots.

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