Harcèlement silencieux à l'Opéra de Paris

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Le coup de patte est une chronique de l'émission Europe matin
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Chaque jour, Nadia Daam vous présente son coup de patte personnel.

La semaine dernière, Nadia Daam évoquait cette chanteuse lyrique virée assez salement d’une représentation à l’Opéra de Hambourg, au prétexte qu’elle est enceinte. Là, c’est l’Opéra de Paris qui est au cœur d’un scandale autour des techniques managériales.

Scandale et méthodes qui brisent les rêves de petite fille.

Enfant, Nadia Daam imaginait le monde du ballet et du concert classique comme une espèce de forêt enchantée où tout n’est que magie et élégance, où les gens se font la révérence pour se dire bonjour, où on croise des faons et des licornes dans les couloirs, où le bruit des chasses d’eau sont remplacés par un son de harpe.

Bon, et bien plus ça va, moins l’opéra ressemble à Brocéliande. Il y a quelques jours, un document de l’opéra de Paris qui n’avait pas vocation à être rendu public avait fuité et révélait des accusations d’abus et de harcèlement : 76,8 % des 108 membres du ballet qui ont répondu à un sondage interne ont été victimes ou témoins de harcèlement moral, et 25,9 % de harcèlement sexuel.

Ces accusations avaient immédiatement été balayées par le directeur de l’Opéra de Paris, Stéphane Lissner. Il avait par exemple évacué la question du harcèlement moral en expliquant que dans le métier de la danse, "il y a parfois des réflexions difficiles, sur l’aspect physique d’une danseuse, sur le fait qu’elle ait mal dansé". Bref, dire, "elle est tout claquée ton arabesque espèce de boudin", c’est pas forcément du harcèlement, c’est de l’autorité.

Ce harcèlement, s’il est avéré, s’est trouvé un avocat encore plus convaincu. C’était hier au micro d’Europe 1, dans C’est déjà demain qui recevait Guislaine Thesmar, ancienne danseuse étoile et professeure à l’Opéra de Paris. Elle commence par dire, qu’elle n’a jamais au grand jamais vu de cas de harcèlement en 40 ans de carrière. À un moment donné, il va falloir faire passer des tests de vue à l’ensemble du monde de spectacle : c’est inquiétant ce nombre de personnes qui n’ont rien vu. Soit y a un gros taux de presbytie dans le showbiz, soit ils nous prennent vraiment pour des cons.

Pour Guislaine Thesmar, c’est très simple, les danseurs c’est des chochotes, et les femmes, des affabulatrices.

"moins confort" c’est un euphémisme pour dire que l'on se prenait des coups de martinet sur la gueule. Ah c’était la belle époque !

 

 

Rappelons que cette dame était invitée à l’occasion de la journée internationale de la danse, et non de la journée mondiale du droit à donner des coups de taser aux petits rats de l’opéra et aux équidés. Si vous croisez cette dame, n’agissez pas seul. Mais éloignez les danseurs et les chevaux.