Macron et la relance économique : dans les pas de Pompidou ?

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© AFP
L'édito politique d'Hélène Jouan est une chronique de l'émission Europe matin
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La relance économique, telle que défendue par Emmanuel Macron lors de sa séquence médiatique de la semaine dernière, rappelle la politique de George Pompidou.

Mardi 17 avril, "L'Edito politique" est signé par Catherine Nay, en remplacement d'Hélène Jouan.

Jeudi, Emmanuel Macron expliquait à Jean-Pierre Pernaut son credo économique. Il comparait la France à une maison, avec ses fondations, à savoir, l'école. Que tous les enfants de CM2 sachent écrire et lire, voilà la première bataille du président, interviewé pour l'occasion dans une salle de classe.

Le credo de Macron. Ensuite, les murs de la maison : protéger, libérer, unir. Libérer : si l'on n'est pas fort économiquement, il ne peut y avoir de justice sociale, a-t-il expliqué. La justice : aider les gens qui réussissent à réussir mieux, avec des baisses de charges et une simplification du droit du travail pour qu'ils investissent, produisent plus et embauchent. Emmanuel Macron voudrait que la France devienne un pays de progrès pour tous.

Il n'oublie pas les salariés. À partir de janvier prochain, les entreprises jusqu'à 250 salariés ne paieront plus de forfait social, cette taxe qui représente 20% de l'intéressement distribué aux salariés. Bruno Le Maire, qui était lundi sur notre antenne, s’est félicité hors studio de la mesure et a même qualifié ce credo économique macronien de révolutionnaire ! Comme si cette approche de bon sens n'avait jamais existé.

La France de Pompidou. À un moment dans sa démonstration, Emmanuel Macron a dit : "le progrès des trente glorieuses s'est arrêté". Il faisait référence à ces années d'âge d'or pour la France, l'époque de George Pompidou, lequel expliquait que pour vivre avec son temps, la France devait s'équiper, s'industrialiser et exporter. Pour lui, seule la prospérité de l'entreprise permettait de mieux rémunérer les salariés et d'instaurer un bien-vivre. "La meilleure révolution pour le peuple", disait-il. Et il avait inventé l'intéressement pour les salariés et l'actionnariat populaire, mesure prise par ordonnance, qui avait été rédigée par son conseiller Edouard Balladur. À l'époque, la croissance était de 5%, et il y avait moins de 300.000 chômeurs en France. 

Aujourd'hui, Emmanuel Macron revisite le Pompidolisme. Enfin, il aimerait bien renouer avec ces résultats-là. Mais à l'époque, la gauche, les communistes, vitupérait ce Pompidou, ami du capital, des riches, et pour cause : Pompidou venait de chez Rotschild, comme Macron ! Quelle histoire !