Le terme "maraîchage" ne vient pas d'où vous le pensez

  • A
  • A
2:28
Notre planète est une chronique de l'émission Europe Matin - 7h-9h
Partagez sur :

Dans "Notre planète", Fanny Agostini revient chaque jour sur l'actualité de notre planète. Ce jeudi, elle s'est attardée sur le maraîchage et son origine. L'occasion également d'alerter sur la disparition des zones humides.

La définition du maraîchage mérite clarification. Les maraichers sont ceux qui cultivent les légumes. Ça, c’est la définition que tout le monde connait. Mais en réalité la définition est étonnement très parisienne. Tout a commencé sur les bords de Seine du pont de l’Alma jusqu’au Grands Boulevard. Imaginez qu’au IXème siècle, le fleuve formait des méandres avec plusieurs bras. Rien à voir avec la séparation actuelle rive droite, rive gauche.

Imaginez encore que les terres gorgées d’eau étaient exceptionnellement fertiles. C’est dans ces marécages que les parisiens pouvaient subvenir aux besoins d’une population moins dense qu’aujourd’hui mais relativement nombreuse. De nos jours, dans la capitale, il n’en reste qu’un quartier célèbre, les terres limoneuses se trouvent encore probablement juste en-dessous de l’asphalte. Les marais, eux, ont disparu mais le terme maraichage est resté et s’est étendu à toute la France.

Encore des endroits en France où l’on cultive de cette façon

Il y a encore des endroits, en France, où l'on cultive de cette manière mais seulement très peu. Le marais de Saint-Omer, dans le Pas-de-Calais, est une zone de maraichage relictuel qui colle à la définition originelle. C’est le seul marais encore habité et cultivé de France. Une zone humide qui s’étend sur 15 communes partagées sur environs 440 hectares par une quarantaines de maraichers qui y cultivent quelques 50 légumes différents sur un sol de tourbe extrêmement riche, comme il en existait partout en France auparavant et y compris en plein coeur de Paris.

Les zones humides disparaissent

En quelques décennies, 50% des zones humides ont disparu. Ces endroits qui fournissent un quart de la matière vivante sur la planète - insectes, oiseaux, poissons, amphibiens, végétaux - sont considérées comme les milieux les plus productifs au monde parmi tous les écosystèmes de la planète. Si nous gardons en tête la définition première du maraichage, il nous apparaitra alors peut-être essentiel et logique de préserver ces espaces à haute valeur ajoutée écologique à chaque fois qu’il nous prendra l’envie de construire un building, un parking, un hyper marché ou un stade de foot.