Des restaurants... sans êtres humains

SAISON 2016 - 2017
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Eatsa 5:04
© JUSTIN SULLIVAN / GETTY IMAGES NORTH AMERICA / AFP
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Aux Etats-Unis, la chaîne de restaurants Eatsa n'emploie pas de caissiers, ni de serveurs.

Quel est le programme ce matin, Xavier ?

Ce matin, on ira acheter à manger, sans parler à un être humain, et on verra pourquoi c’est le futur et quelles questions ça pose. Et puis on parlera d’Hillary Clinton et de hockey sur glace, avec un point commun : le féminisme.

C’est parti. Donc on commence l’American Breakfast, si j’ai bien compris, en allant acheter à manger ?

Oui, on va aller se faire une salade de quinoa chez Eatsa, à Manhattan, pas très loin de l’Onu. Je suis tombé par hasard sur cette boutique ou ce restaurant, je ne sais pas très bien comment l’appeler. Vous rentrez dans un espace assez vide, il y a des tables hautes, des bornes avec écrans tactiles, et au fond un mur entier composé de casiers aux portes transparentes. Pas de caissier, pas de serveur. Les seuls êtres humains ce sont les autres clients. Vous passez votre carte de crédit dans la borne, vous choisissez les ingrédients de votre salade sur l’écran, uniquement végétarien. Votre nom s’affiche sur l’une des portes de casiers qui sont des écrans digitaux, c’est high-tech. Vous ouvrez, et votre bol de salade, est là, prêt à être dégusté.

Ce concept existe depuis plus d’un an à San Francisco, en Californie. Et il vient de débarquer sur la côte Est à Washington et donc à New York. C’est pour l’instant une mini-chaine, il n’y en a sept en tout aux USA, mais Eatsa fait beaucoup parler, parce qu’on y voit le futur du fast-food. Il y a bien sûr des êtres humains qui y travaillent, ils sont en fait derrière le mur des casiers à préparer les bols de salades. Combien, le fondateur, Dave Friedberg refuse de le dire. Il explique que grâce à l’automatisation, ses employés sont trois fois plus efficaces que dans un fast-food traditionnel. Donc le bol de salade est moins cher, environ 6 euros pour un repas complet.

Et donc c’est ça le futur : des magasins ou restaurants, sans êtres humains ?

Eh oui, sans caissiers ou serveurs à payer, les coûts de fonctionnement de Eatsa sont 30 à 40% moins élevés. D’ailleurs McDonald’s l’a bien compris. Le géant du burger commence aussi à installer des caisses automatiques mais c’est surtout Amazon qui veut devenir le champion du "frictionless shopping", c’est-à-dire "faire les courses sans interaction". Le géant de la vente en ligne a conçu le supermarché de demain, sans caissiers. Vous entrez en scannant votre portable qui a l’application Amazon, et ensuite vous vous servez dans les rayons. Les capteurs et les ordinateurs font le reste, détectent les produits que vous prenez, ou que vous reposez, les ajoutent dans votre panier virtuel, et quand vous sortez, la facture est automatiquement débitée de votre compte Amazon. Ça s’appelle Amazon Go, le premier magasin devait ouvrir au public en début d’année à Seattle, ça a été retardé. On a appris cette semaine que la technologie n’était pas encore tout à fait au point, mais ça va finir par arriver. Et d’ailleurs ça inquiète ici les grandes de chaines de supermarché.

Oui, parce que si ça marche, ça veut dire que c’est la fin des queues interminables aux caisses. Mais c’est aussi la fin de nombreux emplois…  

Oui, parce que tout le monde va s’y mettre. Ça va détruire les emplois de caissiers. Il y en a aujourd’hui trois millions et demi aux Etats-Unis. L’automatisation des tâches fait disparaître des métiers. Hier dans les usines, demain donc dans les restaurants et les supermarchés. Après-demain les chauffeurs de taxi seront remplacés par les voitures qui se conduisent toutes seules. Uber en a déjà testées à Pittsburgh.

Ce futur s’invente notamment dans la Silicon Valley, et toutes les grandes entreprises de high-tech réfléchissent aux conséquences de leurs innovations. Même si elles créent elles-mêmes des emplois, elles tentent d’imaginer une société "post-travail". Et c’est pour ça que Facebook, eBay, Google, et autres s’intéressent de près au concept de "Revenu Universel". Vous savez, cette allocation mensuelle qui serait versée à tout le monde. Les géants de la Silicon Valley financent par exemple une expérimentation au Kenya.

Le revenu universel, c’est d’ailleurs l’un des thèmes de campagne de Benoît Hamon ici en France. Cette semaine aux Etats-Unis, on a eu des nouvelles d’Hillary Clinton.

Oui elle a fait une apparition publique dans son rôle préféré : Hillary la féministe. Elle commentait une photo qui a beaucoup tourné ces derniers jours, celle d’une réunion à la Maison-Blanche sur la réforme de la couverture santé : autour de la table, que des hommes, pour parler notamment du remboursement ou non des soins maternels.

Entendu sur europe1 :
Comment ont-ils pu ne pas inviter une seule femme à leur table ? Ma caricature préférée de cette photo, peut-être vous l’avez vue, c’est une image avec ces chiens assis autour d’une table ovale et la légende dit qu’ils sont en train de parler de la santé des félins. J’aime bien celle-là !

Hillary la féministe qui a donc du applaudir les joueuses de hockey de l’équipe américaine ?

Oui parce qu’elles ont gagné. Non pas un match, mais leur bras de fer avec la Fédération américaine de hockey. Elles ont menacé de ne pas jouer la Coupe du monde si elles n’étaient pas payées comme les hommes. La fédération a tenté de faire venir d’autres joueuses, sans succès. Les négociations ont patiné (sans jeu de mots) jusqu’à mercredi. Les hockeyeuses ont obtenu gain de cause. Résultat, elles ne sont arrivées que deux jours avant le début de la compétition dans le Michigan. Elles n’ont eu qu’un entraînement commun mais elles ont quand même gagné leur premier match, 2-0, contre les Canadiennes. Elles sont bien partie pour défendre leur titre de championnes du monde.

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