Theranos : la start-up qui a levé 700 millions pour une innovation bidon

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A l'heure du numérique est une chronique de l'émission Europe 1 bonjour
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Chaque matin, Grégoire Martinez nous dévoile les dernières nouveautés technologiques.

C'est une histoire un peu folle, celle d'une arnaque à plus de 700 millions de dollars qui a duré plus de dix ans. Tout commence en 2003 lorsqu'Elizabeth Holmes décidé de lancer sa start-up aux Etats-Unis. Son objectif ? Révolutionner le marché des analyses de sang. Un marché énorme.

La solution développée par Theranos, le nom de l'entreprise, semble alors très prometteuse : elle devait permettre de réaliser une centaine d'analyse avec seulement quelques goûtes de sang. Ceux qui n'aiment pas les piqûres auraient également été ravis puisque la start-up se vantait aussi d'avoir mis au point un système sans aiguille. L'innovation est tellement prometteuse qu'Elizabeth Holmes fait la Une des plus prestigieux magazines américains et notamment celle de Fortunes, de Forbes ou encore de Bloomberg Business Week.

Problème, l'innovation développée par la société ne fonctionne en réalité pas. On commence à s'en rendre compte en 2015. Certains scientifiques remettent alors en cause les résultats des analyses menées par la start-up et trouvent des résultats très différents avec une prise de sang traditionnelle et la méthode d'analyse normale. Certains médias commencent aussi à remettre en cause les inventions de la société et le ministère américain de la Santé décidé de s'en mêler. La SEC, le gendarme américain de la bourse, commence lui aussi à enquêter et le verdict est tombé la semaine dernière : Elizabeth Holmes, la fondatrice de la start-up est accusée d'avoir levé plus de 700 millions de dollars auprès d'investisseurs grâce à une fraude "élaborée et qui a duré plusieurs années".

Un film dans les années à venir

Dans son rapport, la SEC explique que l'entreprise a exagéré ou menti sur sa technologie, ses activités et ses performances financières. Bref, sur tout ! Pour arriver à montrer des résultats probants, la start-up utilisait même des systèmes d'analyses d'autres entreprises, de concurrents. Elisabeth Holmes, elle, a signé un accord avec la SEC. Elle va payer une amande de 500.000 dollars et passe la main, elle ne dirigera plus la start-up. Enfin, elle va devoir rendre les 19 millions d'actions de la société qu'elle avait. Elle pourrait aussi être la cible de poursuites judiciaires.

Et l'histoire va même se retrouver au cinéma. Le nom du film est déjà tout trouvé Bad Blood en anglais, Mauvais sang en français et c'est Jennifer Laurence qui tiendra le rôle d'Elizabeth Holmes.