L'image adoucie de Jean-Luc Mélenchon

SAISON 2016 - 2017 , modifié à
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A 19% d'intention de vote selon un dernier sondage, Jean-Luc Mélenchon talonne le trio de tête au premier tour de la présidentielle. Entre 2012 il avait terminé finalement à 11%, mais cette année ce n'est plus tout à fait le même homme.

A deux semaines du 1er tour de la présidentielle, Jean-Luc Mélenchon talonne les candidats en tête et fait jeu égal avec François Fillon, à 19%. Ses meetings connaissent une affluence record. Il est un peu la révélation de cette campagne. Décryptage avec vous Catherine.
 
En 2012, candidat du Front de gauche, soutenu par le parti communiste, Jean-Luc Mélenchon, c'était une sorte de Georges Marchais réincarné. Il se montrait en imprécateur agressif, plaidait qu'il faut du bruit et de la fureur. On voyait un homme qui avait mal au caractère, toujours de mauvais poil, râleur. La barbe !

L'interroger devenait un supplice pour les journalistes puisqu'il prenait chaque question pour une agression. Dans ses meetings, qui attiraient du monde parce qu'il a du souffle et le verbe haut, on chantait l'internationale, on levait le poing. Il parlait aux camarades, et à la gauche.

Ses références ? Hugo Chavez, le Président du Vénézuela, décédé en 2013, un ami dont il admirait la révolution citoyenne qui, disait-il, ouvrait un nouveau cycle qui fait progresser la condition humaine des citoyens (sic). Aujourd'hui, le pays est plongé dans un chaos économique. Tous les indicateurs sont au rouge. L'appareil productif a été détruit. Merci Chavez.
 
Mais en 2017, c'est la métamorphose...
 
Oui, il est le candidat de la "France insoumise". Et il a lissé son image. Fini l'agressivité, "Je deviens une figure rassurante", dit-il. Il a modernisé sa communication, se laisse filmer par Gala, confie ses recettes minceur, se confesse auprès de Karine Lemarchand en ronronnant comme un gros chat, réussit des prouesses technologiques avec l'hologramme, qui lui permet d'être sur scène à Aubervilliers en image 3D, et en chair et en os à Lyon.

Mais surtout, il a réussi à convaincre les gens qu'il était proche de leurs soucis, de leurs espoirs. Il drague un ensemble bien plus vaste que la gauche. "Vous, les gens", comme il les appelle dans ses discours. Il leur parle d'eux, se met en empathie, crée avec eux une intimité, évoque sa fatigue ou ses rhumes attrapés dans le TGV. Il passe du bavardage au souffle épique. Du Victor Hugo, mâtiné de Zola. Il a des lettres : "On est dans un pays où on aime les intellectuels en politique", dit son porte-parole, Alexis Corbière. Et l'on voit bien qu'être en scène, Mélenchon aime ça, se grise de son propre verbe, parfois jusqu'à l'incontinence. Mais la foule est au rendez-vous et absorbe son discours avec gourmandise. Maintenant, on chante la Marseillaise. Et sa référence est, devinez qui : le Général de Gaulle.
 
Et il se dit prêt à gouverner ! Ce qu'il ne disait pas en 2012 !
 
Où pourtant, il avait connu une belle dynamique, jusqu'à 17% d'intentions de vote, pour finir à 11% au premier tour. Grosse déception, mais son dernier discours à Marseille, où il ouvrait les bras au Maghreb, avait été très mal reçu par la gauche, ce qui veut dire que tout peut s'effondrer au moindre faux pas.
 
On parle beaucoup des transformations de l'homme, des talents de l'acteur, mais assez peu de son programme.
 
Oui, il cite De Gaulle mais son imaginaire intellectuel et son programme restent très imprégnés de son idole Hugo Chavez, parce que c'est bien une révolution qu'il promet avec sa 6ème république, où devraient être inscrits comme droits inaliénables le droit au travail, au logement. Avec lui, tout sera gratuit : la santé, les cantines à l'école. Il veut augmenter les impôts de 100 milliards d'euros. Au-dessus de 400.000 euros par an, il prendra tout. Il est possible que les écarts de richesses se réduisent, mais à terme, tout le monde sera appauvri.

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