L'Emission politique: " Jean-Michel Blanquer sait ce qu'il ne va pas dans le système éducatif"

SAISON 2017 - 2018 , modifié à
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Ce samedi, Catherine Nay brosse le portrait de Jean-Michel Blanquer, le ministre de l'Education nationale.

Bonjour Catherine

Bonjour Wendy, bonjour à tous

Jean-Michel Blanquer était jeudi l'invité de l'Emission politique. Un million et demi de téléspectateurs l'ont suivie. Un score modeste mais supérieur à celui de Laurent Wauquiez le mois dernier. Donc un succès, pour un ministre qui demeure encore peu connu des Français.

Peu connu des Français mais célébré comme aucun autre ministre par les médias puisqu'il faisait cette semaine la Une de plusieurs hebdomadaires dont Le Point, avec ce titre "Le Vice-Président". Ce qui d'ordinaire irrite en haut lieu et ça n'était pas lui rendre service.

Mais l’événement, c'est qu'à la fin de l'émission, 71% de ceux qui l'avaient suivi se disaient convaincus. Un score inégalé. Pourquoi ? Pour la première  fois, il y a, à la tête de ce ministère, un homme qui a fait tout son parcours à l'Education nationale : professeur, recteur, directeur de Cabinet du ministre Gilles de Robien, directeur de l'enseignement scolaire, directeur de l'ESSEC.

Il sait de l'intérieur ce qui ne va pas dans le système. Pourquoi, au final, alors que l'on met tant d'argent dans l'éducation, il y a autant d'élèves qui arrivent dans le secondaire en ne sachant ni lire, ni écrire, ni compter, encore moins s'exprimer. Des générations promises à l'échec. Donc il y a pensé, réfléchi et il veut tout changer.

Il revient aux fondamentaux !

Oui, la maîtrise de la lecture, le retour de la dictée. Apprendre à coeur, pour créer les circuits de la mémoire, le retour du latin-grec, des classes bi-langues, l'apprentissage, la chorale --because le succès du film "Les Choristes"... Mais non, parce que chanter crée du lien, soulève le plexus, fait baisser les tensions.La musique adoucit les moeurs.

Et puis surtout, rupture avec les aberrations des pédagogistes et leur jargon, qui ont été une nuisance absolue depuis 40 ans. Il s'attelle aussi à la réforme du bac avec une grande concertation... Le journal Le Monde lui souhaite bonne chance. Le décrochage scolaire est la priorité du ministre et les Français le reçoivent 5 sur 5 !

Il plaît d'abord à droite

Oui, c'est vrai. Probablement parce que si François Fillon avait été élu président, il lui aurait proposé le même ministère. Mais à gauche, on a du mal à le critiquer.Jack Lang se confond en compliments, l'insoumis Alexis Corbière est venu lui dire qu'il reste tellement de mécontents chez les profs tout en proposant d'instaurer la cantine scolaire gratuite pour tout le monde. On a senti le ministre un peu agacé, parce qu'il faut dire que les Insoumis passent leur temps à le critiquer ou à distribuer des tracts à la sortie des lycées pour faire descendre les jeunes dans la rue.

Mais interrogé par Le Point, Alexis Corbière juge que c'est un ministre qui a de l'épaisseur, que c'est du lourd, alors, respect ! D'ailleurs à la fin de l'émission, 69% des électeurs de Mélenchon ont été convaincus par le ministre.

Diriez-vous qu'un "grand" politique est né ?

On a vu un homme calme, qui parlait sans théâtre, d'une voix monocorde qui serait presque ennuyeuse s'il n'était aussi plein de son sujet. C'est la solidité qui séduit chez lui sans jamais tomber dans la polémique. Il sait qu'il faut du temps pour transformer l'Education nationale, qu'il refuse d'appeler "mammouth". Il préfère le terme de "communauté humaine". Il veut rétablir la confiance car c'est un homme de concorde, et pas de discorde.

Son ambition politique ? Rester 5 ans là où il est car "il y a tellement de choses à faire", dit-il. Si le Président et le Premier Ministre sont d'accord, bien sûr. "Soyez le Jules Ferry du 21ème siècle", lui dit Jack Lang. Ce n'est pas rien comme projet !

On a bien essayé de lui faire dire qu'il pourrait avoir une autre ambition politique...

C'est une nouveauté dans l'ère Macron.Des grands ministres techniciens investis d'une mission sur 5 années et qui n'ont que ce but : réformer. Comme Nicole Belloubet à la justice, Muriel Pénicaud au travail,Agnès Buzin à la santé... Tous et toutes reconnus, appréciés dans le milieu professionnel. En cas de réussite, ce seront des atouts majeurs pour Emmanuel Macron.

Ce qui veut dire que dans un deuxième temps, ils pourraient occuper d'autres fonctions ?

Oui, et surtout donner de l'épaisseur au discours politique. Comme le dit un proche de l'Elysée, "ce qui manque à Macron, c'est d'avoir autour de lui des grands barons politiques, dont la voix porte".

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