La fin de Grazzia, la restructuration d’Altice, crises au Parisien et à L'Équipe, un nouveau dans "C dans l'air" et la réforme de l'audiovisuel

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Le journal des médias est une chronique de l'émission Culture médias
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Le magazine Grazia ne paraîtra plus dans les kiosques, c’est une information de nos confrères de Stratégies. L’intersyndicale de NextRadioTV a dévoilé les contours du fameux "plan de reconquête" du groupe Altice qui annonce une vague de départs. Les salariés du Parisien se sont prononcés contre le nouveau projet éditorial qui vise à mettre un terme aux éditions dédiées à chaque département pour un un cahier unique de 12 pages. 255 salariés de L’Équipe ont signé une lettre dans laquelle ils écrivent refuser que la direction touche à leurs salaires et à leurs jours de RTT. 255 salariés de L’Équipe ont signé une lettre dans laquelle ils écrivent refuser que la direction touche à leurs salaires et à leurs jours de RTT. Bruno Duvic devient le nouveau joker de l'émission de France 5, "C dans l'air". Édouard Philippe a reçu dix dirigeants de l’audiovisuel privé et public pour leur dire que la grande loi que devait porter le ministre de la Culture serait finalement saucissonnée.

Ce journal des Médias débute avec la fin d’un magazine.

On commence une triste nouvelle que l’on a malheureusement vu venir depuis quelques semaines. Le magazine Grazia ne paraîtra plus dans les kiosques, c’est une information de nos confrères de Stratégies. Le nouveau propriétaire de l’hebdomadaire, Reworld Media, a décidé d’ouvrir un PSE. Il s’agit d’un plan de sauvegarde de l’emploi pour les 16 derniers salariés du magazine. Le numéro 529 paru fin mars aura donc été le dernier de Grazia version française, 11 ans après son lancement en France. L’hebdomadaire né en Italie ne sera plus disponible en version imprimée, mais la marque va continuer d’exister sur le numérique. Selon Stratégies, cinq podcasts devraient voir le jour durant l’été et un mook trimestriel sortira en octobre. Un mook, c’est une sorte de mélange entre un magazine, une revue et un livre. Ce mook Grazia sera produit en externe et donc plus par une rédaction dédiée.

Plus d’informations concernant le plan de restructuration d’Altice.

L’intersyndicale de NextRadioTV a dévoilé les contours du fameux "plan de reconquête" du groupe Altice. "Plan de reconquête" c’est le terme qu’avait utilisé Alain Weill, le patron du groupe pour annoncer cette vague de départs. Et elle va coûter très cher sur le volet social. Selon l’intersyndical, le plan de départs volontaires va concerner entre 330 et 380 CDI sur les 1.600 salariés que comptent le groupe. 200 pigistes et intermittents devraient également faire les frais de cette restructuration. Au total, cela représente pas loin d’un salarié sur trois de menacés par ce plan. Les représentants des salariés appellent maintenant à une assemblée générale le 23 juin pour décider des actions à mener pour protester contre les décisions de la direction d’Altice.

Stéphane Albouy, le directeur des rédactions du Parisien, est venu dans Culture médias pour présenter le nouveau projet éditorial du journal. Un nouveau projet qui est loin de faire l’unanimité parmi les salariés.

On peut même parler d’un rejet. Ce mercredi, les salariés rassemblés en Assemblée générale se sont prononcés sur les projets de leur direction : 255 ont voté contre, 79 en faveur et 35 se sont abstenus. Ce que les salariés reprochent, c’est la transformation des pages régionales. Terminées les éditions dédiées à chaque département, place à un cahier unique de 12 pages où seront regroupés tous les reportages des équipes locales et qui sera le même que vous habitiez à Paris, en Seine et Marne ou dans l’Oise. Les équipes du Parisien demandent donc qu’il n’y ait pas de suppression de postes et d’emplois (une trentaine sont prévues) et ils demandent le rétablissement d’un espace dédié à chaque département, sur les éditions print et le site du Parisien. Dans ce contexte de tensions et d’affrontements, est-ce qu’il faut craindre une grève des salariés ? La semaine qui arrive sera donc décisive pour savoir si un accord peut être trouvé ou si la parution du journal risque d’être menacée.

À L’Équipe aussi, la crise couve.

Il y a 10 jours, la direction du quotidien sportif annonçait à son tour un plan de transformation avec des mesures chocs pour les salariés. Augmentation du temps de travail par la suppression de RTT et réduction des salaires de 10%. En échange, la direction de L’Équipe s’engageait à ne pas procéder à de licenciements jusqu’en 2024. Le journal prévoit une perte d’exploitation proche de 16 millions d’euros cette année alors qu’il avait gagné pas loin de cinq millions l’an dernier. Ce mercredi, 255 salariés de L’Équipe ont signé une lettre dans laquelle ils écrivent refuser que la direction touche à leurs salaires et à leurs jours de RTT. Ils disent également qu’ils ne participeront pas aux réunions d’informations prévues dans les prochains jours. Les signataires rappellent qu’ils ont fourni beaucoup d’efforts depuis des années qu’ils ont subi une dégradation permanente de leurs conditions de travail et que, dans le même temps, les plans sociaux se sont succédés. Ces 255 salariés disent faire confiance à leurs élus pour les représenter lors des futures négociations.

Un petit nouveau du côté de "C dans l’air".

Les vacances approchent pour tout le monde mais toutes les émissions ne s’arrêtent pas. C’est le cas de "C dans l’air" sur France 5. Le programme de fin d’après-midi s’est donc trouvé un nouveau joker ; il s’agit de Bruno Duvic, le journaliste qui présente la tranche d’information de la mi-journée de France Inter. Bruno Duvic va d’abord remplacer Axel de Tarlé le vendredi 3 et le samedi 4 juillet puis il reviendra à l’antenne du 3 au 15 août. Cette fois pour s’occuper des émissions de la semaine et du week-end.

Des nouvelles de la loi de réforme de l’audiovisuel.

Ce qui s’annonce, c’est une vente à la découpe. Ce mercredi, Édouard Philippe a reçu dix dirigeants de l’audiovisuel privé et public pour leur dire que la grande loi que devait porter le ministre de la Culture serait finalement saucissonnée. Concrètement, le Premier ministre a annoncé la création d’un crédit d’impôt sur les investissements dans les programmes et la création. En juillet, le gouvernement publiera un décret pour assouplir les règles de la publicité à la télévision et supprimer les fameux jours interdits. Ce sont ces jours comme le mercredi ou le samedi soir où les chaînes n’ont pas le droit de diffuser des films de cinéma. Et en juillet toujours, le gouvernement fera entrer dans le droit français une directive européenne qui obligera les plateformes comme Netflix et Disney+ à participer au financement de la création.

Mais il manque encore une bonne partie du texte.

Effectivement! On vous a pas mal parlé de la création d’une holding regroupant l’audiovisuel public, ce sujet a clairement du plomb dans l’aile. Si le Premier ministre dit que les autres dispositions du texte seront examinées dans un autre texte en septembre, seules y figureront les éléments les plus urgents. Qu’est ce qui est urgent ? On le saura cet été après un arbitrage au plus haut sommet de l’État.

Puisqu’on parle de l’audiovisuel public, on ne sait toujours pas ce qu’il en sera de France 4 et de France Ô. Les deux chaînes doivent être fermées le 9 août mais cette fermeture est suspendue à un arbitrage du plus haut sommet de l’État.

Aux États-Unis, le mouvement Black Lives Matter fait se mobiliser tous les pans de la société américaine. 

On a beaucoup entendu les stars depuis la mort de George Floyd le 25 mai dernier, étranglé par le genoux d’un policier. Les sportifs, les vedettes de Hollywood, les anciens présidents, tout le monde participe au mouvement pour dénoncer le racisme systémique de la police notamment. On a également beaucoup entendu les entreprises de la Silicon Valley soutenir le mouvement. Ce mercredi, on a appris que le patron de Netflix et sa femme ont décidé de donner 120 millions de dollars au cours des 10 prochaines années pour aider à financer la scolarité d’étudiants noirs. Pour le seul collège Spellman, cela va permettre à 200 étudiants de faire leur première année gratuitement. Ce don du couple Hastings est le plus important don personnel jamais fait pour soutenir les collèges et les universités noires aux États-Unis.