Départ dans les rangs du "Média", la polémique "Mignonnes" prend un tournant politique, Canal+ poursuit sa mue et "L’amour" revient dans le pré

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Le directeur de la rédaction de "Média", la web-télé proche de la France insoumise, a été démis de ses fonctions. La direction laisse entendre que c'est l'attitude de Denis Robert qui est en cause. Le film "Mignonnes" continue de faire parler aux États-Unis. En pleine campagne présidentielle américaine, le sénateur Ted Cruz s’est emparé du sujet comme un épouvantail. Dans une interview au "Parisien", Gérald Brice Viret évoque la rentrée de Canal+ et dévoile un changement majeur dans la façon dont les nouveautés cinéma seront désormais proposées. Ce lundi marque également le retour de l'émission culte de M6, "L'Amour est dans le pré" revient pour une nouvelle saison après 14 ans de présence à l'antenne.

Un départ brutal au Média, la web-télé proche de la France Insoumise.

Le directeur de la rédaction a été démis de ses fonctions, a-t-on appris ce week-end dans le journal "Le Monde". Il s’appelle Denis Robert et il avait pris les commandes de la chaîne info en 2019, après le licenciement retentissant d’Aude Lancelin, qui avait lui-même suivi les départs tout aussi mouvementés de Sophia Chikirou et Aude Rossigneux.

Qu’est-ce qui lui est reproché ?

C’est là que la question se complique. L’article du "Monde" laisse entendre que ce départ n’est peut-être pas sans lien avec la nature du contrat de travail de Denis Robert. Plus précisément, avec une demande de remettre les choses en ordre en termes de droit du travail. En face, la direction assure que c’est l’attitude de Denis Robert qui est en cause. Le patron de l’entité qui emploie la rédaction, Julien Théry, s’est expliqué au "Monde" : "Nous avons décidé de lui demander de cesser ses activités car il a une conception trop classique et hiérarchique de la fonction, que nous voulons d’ailleurs supprimer pour travailler de manière plus collégiale".

Comment a réagi la rédaction ?

Ça n’est pas plus clair de ce côté-là. La rédaction du Média, c’est une dizaine de personnes, réparties entre deux syndicats, le SNJ et la CGT. D’un côté, les trois membres du SNJ soutiennent Denis Robert et ont publié un communiqué demandant à la direction d’arrêter de "mépriser le droit du travail".

De l’autre, les sept membres de la CGT confirment les tensions avec Denis Robert et l’inutilité de sa fonction, qui allait à l’encontre de leur volonté de créer un système plus collégial et moins hiérarchique. Denis Robert, lui, s’est contenté d’indiquer au "Monde" qu’il était "pris de court et sous le choc".

Le film "Mignonnes" continue de faire parler aux États-Unis.

L’arrivée du film français sur Netflix mercredi dernier outre-Atlantique a poussé des centaines de milliers d’Américains à signer une pétition appelant le géant du streaming à supprimer le film. Le hashtag #CancelNetflix s’est quant à lui hissé en tête des sujets les plus discutés sur Twitter aux États-Unis jeudi.

Et le feuilleton continue ?

On ne voyait pas trop ce qui pourrait arriver ensuite mais c’était sans compter sur les Républicains. En pleine campagne présidentielle américaine, le sénateur Ted Cruz s’est emparé du sujet comme un épouvantail. Quoi de mieux pour manifester son soutien aux valeurs familiales et son opposition à une société trop libérale, que de s’élever contre un film qui montre de la pédopornographie ?

Rassurez-vous, il n’y a rien de pornographique dans "Mignonnes", mais ça n’a pas gêné le sénateur, qui était aussi candidat à l’investiture républicaine pour la présidentielle 2016. Il a écrit un courrier au Ministère de la Justice et exige une enquête sur la production et la distribution du film. 

"Il faut déterminer si Netflix, ses dirigeants ou les personnes impliquées dans le tournage ont enfreint des lois fédérales sur la production et la distribution de matériel pédopornographique", conclut Ted Cruz dans son courrier.

Ça doit faire beaucoup de pub au film, non ?

C’est la seule bonne nouvelle dans tout ça. Il y a fort à parier que "Mignonnes", film français indépendant, serait passé inaperçu aux États-Unis sans cet acharnement. Mais la semaine dernière, il s’est hissé parmi les 10 films les plus vus sur Netflix outre-Atlantique.

Face à Netflix, justement, Canal+ poursuit sa mue.

Voilà plusieurs années que la chaîne cryptée se transforme en plateforme de streaming, et les nouvelles annonces de son numéro 2 ce week-end confirment cette évolution. Dans une interview au "Parisien", Gérald Brice Viret évoque la rentrée de Canal+ et dévoile un changement majeur dans la façon dont les nouveautés cinéma seront désormais proposées.

Jusqu’ici, la mise en ligne des films sur la plateforme myCANAL est calée sur la diffusion de ces films sur Canal+. Logique si on considère que myCANAL est la plateforme de replay de Canal+.

Mais ça, c’est terminé ! Désormais, peu importe leur date de diffusion, les nouveautés cinéma seront toutes mises en ligne le vendredi sur myCANAL. Ce sera alors à la chaîne de rattraper sa plateforme, qui devient définitivement son produit d’appel.

Cette nouvelle stratégie démarrera en octobre avec cinq films mis en ligne chaque vendredi. Et dans la première fournée, les abonnés retrouveront le dernier volet de la saga "Star Wars", "L’Ascension de Skywalker".

Ce soir, un poids lourd du PAF est de retour.

Les lundis soirs de millions de téléspectateurs sont désormais bookés jusqu’à la fin de l’année : "L’Amour est dans le pré" fait son retour sur M6 ! Onze hommes et deux femmes âgés de 37 à 63 ans, tous agriculteurs évidemment, participent à cette quinzième édition dans le but de trouver le grand amour.

Après 14 ans, l’émission reste la marque la plus populaire d’M6, avec l’an dernier 3,8 millions de téléspectateurs en moyenne, soit 17% du public et 26% des femmes responsables des achats de moins de 50 ans. Et cette quinzième saison a pour objectif de dépoussiérer l’émission.

Comment on renouvelle un format comme "L’amour est dans le pré" ?

En changeant la façon dont on raconte l’histoire. La production, Fremantle, promet un nouveau style de narration, plus rythmée, pour éviter la lassitude. Il y aura aussi des changements dans la mécanique, et on les verra dès ce soir : cette année, Karine Le Marchand est présente pour les speed datings et commente donc les rencontres entre les agriculteurs et les prétendants.