Ubisoft : un quart des employés témoigne de "mauvaise conduite au travail"

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Un quart des salariés d'Ubisoft disent avoir été victimes ou témoins de "mauvaise conduite au travail".
Un quart des salariés d'Ubisoft disent avoir été victimes ou témoins de "mauvaise conduite au travail". © Robyn Beck / AFP
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Selon une lettre interne consultée lundi, l'entreprise française de jeux vidéo Ubisoft a obtenu les résultats d'une enquête menée auprès de ses salariés après des témoignages de violences et harcèlement sexuels. Un quart des salariés ont dit avoir été victimes ou témoins de "mauvaise conduite au travail".

Un quart des salariés de l'éditeur français de jeux vidéo Ubisoft ont été victimes ou témoins de "mauvaise conduite au travail", selon les résultats d'une enquête lancée par l'entreprise après des témoignages de plusieurs collaborateurs sur des faits de violence et de harcèlement sexuel. "L'enquête a montré qu'environ 25% des personnes interrogées ont été victimes ou témoins d'une forme quelconque de mauvaise conduite au travail au cours des deux dernières années", révèle une lettre interne signée du PDG de l'entreprise Yves Guillemot, dont l'AFP a obtenu une copie lundi.

34% des répondants qui avaient signalé un incident ne se sont pas sentis soutenus par leur direction

"Le pourcentage de femmes ayant déclaré avoir été victimes ou témoins de discrimination, de harcèlement ou de comportement inapproprié était en moyenne de 30% supérieur à celui des hommes. Pour les employés non genrés, il était d'environ 43%", détaille-t-il. Enfin, 34% des répondants qui avaient signalé un incident ne se sont pas sentis soutenus par leur direction, selon cette étude anonyme à laquelle ont participé près de 14.000 employés sur un effectif total de quelque 19.000 collaborateurs, dont 22% de femmes. "Certaines enquêtes sont toujours en cours, et nous continuerons à enquêter sur toute nouvelle allégation soulevée par nos canaux de dénonciation", affirme Yves Guillemot.

Plusieurs dirigeants du groupe poussés vers la sortie

L'entreprise a lancé plusieurs enquêtes internes depuis les premières révélations et a entamé la restructuration de son service de ressources humaines, accusé d'avoir couvert certains comportements toxiques. Depuis l'émergence des premiers témoignages fin juin, plusieurs dirigeants du groupe ont été poussés vers la sortie ou ont démissionné, dont le numéro deux du groupe Serge Hascoët, qui a quitté mi-juillet son poste de responsable de la création. Le chef du studio de Montréal a également quitté Ubisoft, suivis quelques temps plus tard par le vice-président chargé du service éditorial d'Ubisoft, Tommy François, cité dans plusieurs témoignages parus dans la presse comme responsable de harcèlement et tentative d'agression sexuelle.

La directrice des ressources humaines du groupe a quant à elle démissionné de ses fonctions.