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TotalEnergies profite du conflit au Moyen-Orient pour doper ses bénéfices

Le PDG Patrick Pouyanné met en avant la capacité du groupe à tirer profit de son modèle intégré. [© Ludovic MARIN / AFP]

TotalEnergies a doublé son bénéfice net au deuxième trimestre, à 5,4 milliards de dollars, porté par la flambée des prix du pétrole et du gaz liée au conflit au Moyen-Orient. Le groupe affiche plus de 11 milliards de dollars de profits au premier semestre, relançant le débat sur les "super-profits".

TotalEnergies a annoncé jeudi un bénéfice net de 5,4 milliards de dollars au deuxième trimestre, soit deux fois plus qu'un an plus tôt (2,7 milliards). Cette progression est portée par la hausse des prix du pétrole et du gaz provoquée par les tensions au Moyen-Orient.

Le résultat est toutefois légèrement inférieur aux attentes des marchés. Les analystes anticipaient environ 6 milliards de dollars de bénéfice.

Le conflit au Moyen-Orient soutient les résultats

Le PDG Patrick Pouyanné met en avant la capacité du groupe à tirer profit de son modèle intégré et de la diversification de ses activités. Le résultat net ajusté, indicateur privilégié par les analystes, atteint ainsi 6 milliards de dollars sur le trimestre.

Après une hausse de 51 % de son bénéfice au premier trimestre, TotalEnergies poursuit sur sa lancée. Sur les six premiers mois de l'année, le groupe affiche un bénéfice net de 11,2 milliards de dollars, en progression de 73 % sur un an, dépassant même le niveau atteint en 2022, au début de la guerre en Ukraine.

Le débat sur les "super-profits" relancé

Ces résultats records ravivent les critiques contre le groupe. Plusieurs ONG, dont Greenpeace France, Oxfam France et le Réseau Action Climat, dénoncent des profits "particulièrement indécents" dans un contexte marqué par les canicules et le changement climatique.

À l'inverse, la ministre déléguée à l'Énergie, Maud Bregeon, refuse tout "Total bashing". Elle estime que le groupe joue un rôle clé dans la sécurité énergétique du pays et rappelle le maintien du plafonnement des prix des carburants dans les stations-service TotalEnergies.

Une production en hausse malgré les tensions

La production de pétrole et de gaz a progressé de plus de 4 % sur un an grâce à la montée en puissance de nouveaux projets au Brésil, aux États-Unis et en Libye. Cette hausse a permis de compenser en partie les pertes de production enregistrées au Moyen-Orient.

Le groupe souligne toutefois que les difficultés d'accès au détroit d'Ormuz ont perturbé une partie des expéditions.

Le GNL recule, le raffinage progresse

Les activités liées au gaz naturel liquéfié (GNL) enregistrent une baisse marquée de leurs performances. Les activités de négoce ont souffert d'un marché européen moins dynamique après un excellent premier trimestre.

À l'inverse, les activités de raffinage, de pétrochimie et de négoce de brut affichent une forte progression. Leur résultat opérationnel net ajusté grimpe de 24 %, porté par la hausse des marges de raffinage et la bonne tenue du commerce de pétrole.

TotalEnergies confirme enfin ses priorités en matière de rémunération des actionnaires et de réduction de son endettement. Le groupe versera un deuxième acompte sur le dividende 2026 de 0,90 euro par action, soit une hausse de 5,9 % par rapport à l'année précédente.