Face aux difficultés de la marque de luxe transalpine, Stellantis serait en négociations avec les groupes chinois Huawei et JAC en vue d'une coopération industrielle à long terme.
D'après l'agence de presse anglaise Reuters, le constructeur automobile Stellantis serait en négociations avec les groupes chinois Huawei et JAC en vue d'une coopération industrielle à long termetravaille à la mise en place d'un accord concernant Maserati, qui aurait un impact positif sur les cadences de production des usines de Cassino et de Modène, en Italie.
Une situation économique difficile
Avec seulement 8 000 véhicules livrés l'année dernière et une perte d'exploitation ajustée de 198 millions d'euros, la marque au trident présente un bilan inquiétant, dans un contexte de mutation plus large pour le groupe Stellantis, comme en témoigne la fin annoncée de la production de ses automobiles à Poissy après 2028.
Plus tôt cette année, le PDG de Stellantis, Antonio Filosa, avait déclaré que le quatrième constructeur automobile mondial travaillait à la mise en place d'un nouvel accord concernant Maserati via un rapprochement avec Huawei et JAC. L'objectif serait de pallier les difficultés actuelles via une coopération industrielle sur le long terme.
Relancer la croissance d'une marque et d'un groupe
Alors que Stellantis annonçait, il y a peu, un plan d'investissement de 60 milliards d'euros à l'horizon 2030 pour relancer sa croissance, un partenariat avec les deux entités chinoises se traduirait par une standardisation et une répartition des tâches.
À ce titre, Huawei mettrait en avant son savoir-faire en matière d'électronique via sa plateforme Harmony Intelligent Mobility, déjà déployée chez plusieurs constructeurs chinois. De son côté, JAC se chargerait de la partie industrielle, tandis que Maserati garderait la main sur la forme et l'application de l'image de la marque. Selon la presse italienne, les discussions seraient à un stade avancé, avec pour ambition de lancer la production du premier véhicule commun dès la fin de l'année 2027.
Un savoir-faire transfiguré ?
La conséquence la plus surprenante pourrait être, pour un même véhicule, une double identité. Une Maserati pourrait ainsi devenir, sur le marché chinois, une "Maextro" (marque de luxe de JAC).
Si l'on ignore encore quel modèle serait concerné, ce partenariat présenterait l'avantage évident de mutualiser les coûts de développement. Il pourrait toutefois susciter des interrogations quant à l'incarnation du savoir-faire historique de la marque fondée par les frères Maserati, dont la plateforme technique serait partagée avec un constructeur chinois.
Réponse attendue en décembre où Maserati dévoilera sa stratégie de long terme, qui permettra de mesurer l'ampleur réelle d'un rapprochement avec Huawei et JAC et si la marque au trident parvient à préserver son identité tout en s'ouvrant à de nouveaux partenaires industriels.