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Stellantis : fin de la production à Poissy, symbole d’une industrie en mutation

1.600 salariés actuellement à Poissy, objectif 1.200 en 2030. [Simon Wohlfahrt / AFP]

Stellantis mettra fin à la production automobile à Poissy d’ici 2028, transformant son site historique en centre de reconditionnement. Une décision emblématique des difficultés du secteur en Europe, confronté à la baisse des volumes et à la transition électrique.

Stellantis stoppe la production automobile à Poissy, une tendance de fond. La production s’arrêtera en 2028 dans la dernière usine automobile d’Île-de-France. Un site historique de Stellantis, qui deviendra un centre de fabrication de pièces et de reconditionnement de véhicules.

Le groupe italo-franco-américain (marques Peugeot, Citroën, Opel, Fiat, Chrysler…) a annoncé qu’il investirait 100 millions d’euros pour reconvertir ce site et a assuré qu’il n’y aurait pas de départs contraints. Au-delà de Stellantis, le maintien des usines de production est un enjeu majeur pour tous les constructeurs européens.

"25 à 30 % en dessous des volumes d’avant Covid"

1.600 salariés actuellement à Poissy, objectif 1.200 en 2030 : des effectifs qui ont drastiquement fondu, décennie après décennie. Le secteur automobile a perdu un tiers de ses emplois entre 2010 et 2023, selon l’Insee. Et depuis trois à quatre ans, les ventes de voitures neuves piquent durablement du nez, avec des conséquences, rappelle Alexandre Marian, associé au cabinet AlixPartners.

"On est toujours à environ 25 à 30 % en dessous des volumes d’avant Covid. La conséquence est que les capacités de production en Europe, en général, et en France, en particulier, sont sous-utilisées, avec des taux moyens d’utilisation de 55 %", explique-t-il.

La forte concurrence chinoise n'aide pas

Les groupes doivent rationaliser tout en évitant au maximum les plans sociaux. Ce que ne réussira pas Volkswagen, qui a annoncé des fermetures de sites et jusqu’à 50.000 suppressions d’emplois d’ici 2030 en Allemagne. Pour Alexandre Marian, la forte concurrence, en particulier chinoise, ne va pas améliorer une situation déjà complexe.

"Si on produit plus vite et moins cher, on a besoin de moins de ressources. Il faut s’attendre à ce que les effectifs de l’industrie automobile diminuent. C’est encore plus vrai avec la transition vers le véhicule électrique, où le nombre de personnes qui conçoivent et produisent des pièces est plus faible", précise l’expert.

Cela impacte les usines, mais pas seulement : Renault a annoncé cette semaine une réduction de 15 à 20 % de ses effectifs d’ingénieurs dans le monde d’ici deux ans.