Siemens-Alstom : Bruxelles s'apprête à dire non à la fusion

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© CHRISTOF STACHE / AFP
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Mercredi, le commissariat européen à la concurrence va se prononcer, sans doute négativement, sur le projet de fusion entre le français Alstom et l'allemand Siemens. 

L'UE s'apprête à interdire mercredi l'union de l'allemand Siemens et du français Alstom, malgré les pressions de Berlin et Paris qui espéraient créer un champion européen du rail face à la concurrence chinoise.

Un risque que les prix augmentent. La commissaire européenne à la Concurrence, Margrethe Vestager, devrait mettre son veto au projet de fusion, annoncé en grande pompe en septembre 2017, ont affirmé trois sources à Bruxelles et une source du gouvernement français. La commissaire danoise s'est inquiétée à maintes reprises des effets de ce rapprochement. Il réduirait le nombre d'industriels rivaux dans l'Union, ce qui risquerait de faire monter les prix des trains pour les compagnies ferroviaires, et celui des billets pour les consommateurs. L'exécutif européen n'a pas confirmé l'annonce d'une interdiction. De façon assez inhabituelle, le président de la Commission, Jean-Claude Juncker, a lui aussi défendu mardi, dans un discours à Bruxelles, la politique européenne de la concurrence. 

Interprétation "extrêmement stricte" des règles. Paris et Berlin, comme les industriels, craignent la concurrence du chinois CRRC, numéro un mondial du ferroviaire né du rapprochement de deux entreprises d'Etat contrôlées par Pékin. Mardi, une source gouvernementale française a estimé que le veto attendu de Bruxelles était "symptomatique d'une certaine idéologie de la Commission qui va à l'encontre des intérêts européens", regrettant une interprétation des règles "extrêmement stricte" de la part de Bruxelles.