L’Europe industrielle n’arrive plus à faire émerger de géants mondiaux : les fusions Alstom-Siemens et Essilor-Luxottica sont menacées

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L'édito économique d'Axel de Tarlé est une chronique de l'émission Deux heures d'info
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Chaque matin, Axel de Tarlé décrypte l'une des actualités économiques marquantes du jour.

L’Europe a de plus en plus de mal à faire émerger des géants mondiaux capables de rivaliser avec les grandes entreprises chinoises ou américaines.

Dans le monde des affaires aussi, le nationalisme gagne du terrain.

Regardez par exemple ce qui se passe dans les lunettes. Le Français Essilor (N°1 Mondial des verres correcteurs)  est en train de fusionner avec l’italien Luxottica, numéro un mondial des montures. L’objectif est de créer un géant mondial indéboulonnable. Sauf que ce beau mariage est en train de se heurter à des susceptibilités nationale. En France, on trouve que les Italiens veulent un peu trop diriger.

 

Ce n’est pas neutre, on a exactement les même problèmes avec les chantiers navals. La fusion entre les chantiers de l’Atlantique et l’italien Fincantieri patine pour des raisons de patriotisme.

Or, regardez Airbus, si on veut peser dans le monde, il faut unir nos forces.

Même quand  on parvient à surmonter ces susceptibilités nationales, on se heurte à d’autres obstacles. Lesquels ?

Regardez dans le ferroviaire. Face à la nouvelle concurrence des Chinois, Français et Allemands ont décidé de fusionner Alstom et Siemens. Ce n’est pas rien. Alstom, ce sont les TGV et la fierté de la France. On décide de fusionner avec les Allemands. Là, c’est la Commission européenne qui nous met des bâtons dans les roues au nom de la concurrence. Elle estime que ce nouvel ensemble Alstom-Siemens sera trop fort en Europe et donc, il faut l’affaiblir avant même qu’il ne naisse. Ce n’est donc pas simple de créer des géants européens pour exister dans le monde.

 

Le problème, c’est qu’ailleurs, on ne nous fait pas de cadeau. Les japonais sont en train de torpiller Renault dans l’alliance Renault-Nissan. Donald Trump veut déboulonner les constructeurs automobiles allemands.

Le risque, si on n’arrive pas à s’unir un minimum, c’est bien de disparaitre.