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Semi-conducteurs, data centers… Comment l'Union européenne tente d'assurer sa souveraineté numérique face aux géants américains

Nicolas Guyonnet / Hans Lucas / Hans Lucas via AFP [Nicolas Guyonnet / Hans Lucas / Hans Lucas via AFP]

La Commission européenne a présenté cette semaine son paquet "souveraineté numérique", affichant l'objectif de réduire les dépendances numériques de l'Europe, que ce soit en termes de semi-conducteurs, de "cloud", ou encore d'intelligence artificielle. Des secteurs largement dominés par les géants américains de la tech.

Tensions géopolitiques, conflits internationaux... L'Europe se retrouve trop dépendante. C'est le cas en ce moment avec les carburants, mais c'est aussi vrai sur le numérique. Ces dernières années, la Commission européenne a mis en placement plusieurs réglementations, sans réelle efficacité.

Cette fois, la stratégie se veut plus ambitieuse : le paquet "souveraineté numérique", présenté cette semaine, prévoit 200 milliards d'euros d'investissements pour, entre autres, tripler la capacité en data centers, fortement augmenter la production de semi-conducteurs et ne pas perdre de temps sur l'intelligence artificielle. 

"on a des champions, mais ils se font racheter à l'international"

Selon Sylvie Roche, directrice du CRIP, qui rassemble 16.000 entreprises dans le secteur de la technologie, la situation est urgente. "Est-ce qu'une boîte française va préférer prendre une technologie polonaise plutôt qu'une technologie extra-européenne qui fonctionne super bien ?", s'interroge-t-elle, laissant entendre l'évidence du choix.

"Tout le monde parle souveraineté mais pour la mettre en place, c'est une autre histoire. Cela demande d'être extrêmement courageux parce que, parfois, on n'a pas la technologie souveraine en Europe. Aujourd'hui le problème, c'est qu'on a des champions et ils se font racheter à l'international", pointe-t-elle.

Le CRIP, Cercle de confiance des responsables d'infrastructure, de technologies et production IT, vient de publier une étude, réalisée avec l'Institut Jacques Delors. Elle a pour objectif d'analyser l'impact de la révolution des technologies de l'intelligence artificielle (IA) à l'horizon 2035. Il s'agit aussi de déterminer comment réguler et définir des limites pour garder un certain contrôle et l'humain dans la boucle.

Pour arriver vers plus de souveraineté, le chemin sera long, selon un chiffre donné par la Commission, l'Union européenne reposerait à l'heure actuelle à 80% sur des acteurs étrangers pour ses achats de services et d'infrastructures numériques.