Sécurité sociale : le déficit se creuse, le retour à l'équilibre remis en cause

  • A
  • A
Le retour à l'équilibre des comptes de la sécurité sociale, annoncé par Agnès Buzyn et Gérald Darmanin, en septembre 2018 s'est fracassé sur la réalité de la conjoncture économique et les concessions aux "gilets jaunes".
Le retour à l'équilibre des comptes de la sécurité sociale, annoncé par Agnès Buzyn et Gérald Darmanin, en septembre 2018 s'est fracassé sur la réalité de la conjoncture économique et les concessions aux "gilets jaunes". © PASCAL GUYOT / AFP
Partagez sur :
Une synthèse de la Commission des comptes indique que le déficit de la sécurité sociale se creuserait à au moins 1,7 milliard d'euros en 2019, en dépit du retour à l'équilibre annoncé par Agnès Buzyn en septembre. 

Le déficit de la sécurité sociale, revenu l'an dernier à 1,2 milliard d'euros, son plus bas niveau en deux décennies, "se creuserait" de nouveau à au moins 1,7 milliard en 2019, selon une synthèse de la Commission des comptes. Le retour à l'équilibre annoncé par Agnès Buzyn et Gérald Darmanin en septembre 2018 s'est fracassé sur la réalité de la conjoncture économique et les concessions aux "gilets jaunes". 

Selon la Commission des comptes, qui doit publier son rapport mardi, cette rechute "résulte pour l'essentiel d'une croissance de la masse salariale (...) nettement inférieure à la prévision initiale" du gouvernement. Au lieu des 3,5% espérés à l'automne, Bercy ne table plus que sur une progression de 3,1%, selon le programme de stabilité transmis à Bruxelles en avril. 

L'addition pourrait se corser

Mais à cause de la "prime Macron" votée en décembre (exonération totale de cotisations et d'impôts jusqu'à 1.000 euros), la Sécu devra se contenter d'une hausse de 2,9%. Soit, au bout du compte, des "recettes plus faibles qu'attendu" de l'ordre de 1,7 milliard d'euros, soit le montant du déficit prévu, dans le meilleur des cas. Car l'addition pourrait se corser si l'Etat ne compense pas à la Sécu les autres "mesures d'urgence" adoptées en fin d'année, au plus fort de la crise des "gilets jaunes".

L'exonération de cotisations sur les heures supplémentaires dès le 1er janvier, et la baisse du taux CSG pour une partie des retraités, coûteront "respectivement 1,2 et 1,5 milliard d'euros", estime la Commission des comptes. De quoi aggraver le "creusement" du déficit "qui atteindrait alors 4,4 milliards", poursuit-elle, ajoutant que "la trajectoire de retour à l'équilibre de la sécurité sociale pourrait être remise en cause".