Marie Etchegoyen/Capa Pictures/Europe 1 1:31
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L'ancien chef d'Etat a fustigé les syndicats à l'origine de l'actuel mouvement de grève.
INTERVIEW

"Cette grève est un scandale", a déclaré Nicolas Sarkozy, invité jeudi de la matinale spéciale d'Europe 1, avant d'estimer que la réforme en cours de négociation à la SNCF et dans le rail est une "bonne réforme".

"La réforme conduite par Guillaume Pepy était une bonne réforme". "Cette grève est un scandale, les Français ont été durement éprouvés par les inondations, les Français attendent avec impatience l’Euro et voilà que la CGT et un certain nombre de syndicats minoritaires décident de bloquer le pays pour des raisons corporatistes. Car il faut dire la vérité : la réforme conduite par Guillaume Pepy, le président de la SNCF, était une bonne réforme qui avait un objectif assez modéré qui consistait à demander aux conducteurs de train et aux cheminots de travailler 35 heures, parce qu’ils ne travaillent pas 35 heures", a déclaré l'ancien chef d'Etat.

"Il n'y a plus rien dans la loi El Khomri". "A la SNCF ? Ils lâchent tout, chaque jour un chèque de plus, donc on a la double peine. Un, on n’a pas la loi El Khomri. Deux, on a les blocages", a taclé Nicolas Sarkozy. "On sacrifie la SNCF, on sacrifie l'intérêt des enfants et naturellement, comme le pouvoir est faible et donne la preuve de cette faiblesse, il cède", a poursuivi le président du parti Les Républicains.

"Il y avait une réforme conduite et négociée depuis deux ans par le président de la SNCF qui a été jeté aux orties pour le seul fait qu'on va essayer de donner des gages à la CGT afin d'essayer de faire passer une loi El Khomri dans laquelle il n'y a rien. Donc il n'y a plus rien dans la loi El Khomri, et on arrête toutes les autres réformes. Donc neuf jours de grève à la SNCF, les ordures qui ne sont pas ramassées, des coupures d'électricité, ce matin Rungis qui est bloqué par quelques centaines d'agités... Ce n'est pas normal, on ne peut pas accepter cela", a poursuivi Nicolas Sarkozy.

Quelles solutions pour éviter de tels conflits sociaux ? Nicolas Sarkozy a ensuite dévoilé comment il aurait tenté de résoudre le mouvement de grève actuel. "La première leçon à tirer de tout cela, il faut dire la vérité sur ce qu’on va faire ou ne pas faire", a-t-il déclaré, rappelant que la réforme El Khomri ne faisait pas partie du programme de François Hollande en 2012.

"La deuxième chose, il faut supprimer le monopole de présentation au premier tour des élections professionnelles pour les grandes centrales syndicales qui existent aujourd’hui. Ceux qui nous écoutent doivent savoir qu’il y a une bizarrerie invraisemblable : au premier tour des élections professionnelles dans les entreprises pour désigner les représentants syndicaux, tout le monde n’a pas le droit de se présenter. Seuls ont le droit de se présenter la CGT, FO et la CFDT. Je propose qu’on mette un terme à cette anomalie, ce qui va profondément la démocratie sociale pour avoir de vrais représentants et pas des apparatchiks d’organisations qui sont au service d’ambitions politiques", a ajouté l'ancien chef d'Etat. "Je souhaite que, dans les entreprises, les centrales syndicales ne puissent plus nommer des fonctionnaires de leur centrale mais que ces délégués soient élus", a-t-il ajouté.

Et Nicolas Sarkozy de poursuivre : "Troisième élément, je souhaite que dans chaque entreprise le chef d’entreprise puisse décider d’un référendum pour demander l’avis aux salariés et qu’à une voix de majorité, ce soit la décision, ce qui permettrait de sortir d’un certain nombre de blocages. Parce qu’aujourd’hui, c’est une minorité des employés de la SNCF qui fait grève, c’est une minorité des employés d’Air France qui a fait grève l’autre jour. Ce sont toujours des minorités qui bloquent. C’est très simple : on fait le référendum dans l’entreprise".

Réquisitions et service minimum. "Pour la situation d’aujourd’hui, on réquisitionne chaque fois que c’est bloqué. Les dépôts de carburants, il n’y a aucune raison que quelques dizaines de personnes obligent les Français à faire la queue pour avoir de l’essence. Sur la SNCF, j’ai voulu et fait voter le service minimum dans les transports en communs et je souhaite qu’on aille plus loin", a ajouté Nicolas Sarkozy. Et le président du parti Les Républicains de conclure : "je souhaite que le service minimum soit élargi aux transporteurs aériens et à tout ce qui est stratégique".