Après deux mois de vacances, plus de 11 millions d'élèves retrouvent le chemin de l'école. Pour cette rentrée, le ministre de l'Éducation promet très peu d'absences de professeurs. Mais derrière la question des remplacements, c'est surtout celle du salaire des professeurs qui pourrait s'inviter au cœur de la prochaine présidentielle.
En France, un professeur gagne, en moyenne, 2.000 euros net par mois en début de carrière. C'est près de 500 euros de moins que son homologue britannique. Au Royaume-Uni, un enseignant du public peut, en effet, commencer sa carrière avec environ 2.500 euros net par mois.
Au Royaume-Uni, le salaire peut aussi dépendre des performances
Outre-Manche, les établissements disposent d'une plus grande autonomie dans la gestion de leur budget. Ils peuvent, notamment, choisir de mieux rémunérer les enseignants dans les matières qui peinent à recruter, ou encore réduire le nombre de professeurs pour augmenter les salaires de ceux qui restent.
Autre différence avec la France : la rémunération peut davantage tenir compte de la performance. Alors que dans l'Hexagone, le salaire évolue principalement en fonction de l'ancienneté et d'une grille nationale, les enseignants britanniques sont évalués chaque année.
Les critères varient selon l'établissement. Ils peuvent notamment prendre en compte les résultats des élèves aux examens, leur progression ou encore le taux d'admission dans certaines formations très sélectives.
Une plus grande souplesse qui a une contrepartie
Une politique qui peut permettre à certains enseignants de voir leur rémunération augmenter rapidement. Dans certains établissements, les professeurs les mieux rémunérés peuvent ainsi atteindre jusqu'à 7.000 euros par mois, selon leur expérience, leur profil, leurs responsabilités et la politique salariale de leur établissement.
Cette politique est également encouragée par le ministère britannique de l'Éducation, qui mise notamment sur les perspectives de rémunération pour attirer de nouveaux candidats vers le métier d'enseignant, particulièrement dans les matières confrontées à des difficultés de recrutement.
Mais cette plus grande souplesse a une contrepartie. Au Royaume-Uni, un professeur dont les performances sont jugées insuffisantes peut, dans certaines circonstances, être licencié comme n'importe quel autre salarié du secteur public. Un modèle donc beaucoup plus individualisé qu'en France, où la carrière des enseignants reste largement encadrée par une grille nationale.