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Retraites : «Il n'y a pas de déficit caché», assure l'économiste Bertrand Martinot

[romain_doucelin_hans_lucas_hans_lucas_via_afp]

Alors que la Cour des comptes s'est penchée sur le financement du système de retraites, l'économiste Bertrand Martinot réfute l'idée d'un déficit dissimulé. Selon lui, le véritable enjeu porte davantage sur la transparence des comptes publics que sur la découverte d'un trou financier ignoré jusqu'ici.

Il rejette l'expression en bloc. Au micro de Dimitri Pavlenko dans Europe 1 matin, l'économiste Bertrand Martinot balaie l'expression de "déficit caché" des retraites. "D'abord, il n'y a pas de déficit caché au sens où le déficit de l'État n'est pas bidouillé", explique-t-il. L'économiste rappelle que le déficit public est connu et comptabilisé. 

La question, selon lui, est de déterminer quelle part de ce déficit global peut être attribuée aux retraites. "Les retraites c'est 1/4 de la dépense publique", souligne-t-il, alors que le déficit public est évalué à environ 152 milliards d'euros. "1/4 de 150, ça fait un peu moins de 40 milliards. On peut considérer que c'est à peu près ça la contribution des retraites au déficit public", ajoute-t-il.

"Un problème de transparence et de clarté"

Pour Bertrand Martinot, les travaux de la Cour des comptes, qui dans un rapport a dénoncé l'opacité du système de retraite des fonctionnaires, visent avant tout à clarifier le financement du système. Il rappelle que les retraites ne reposent pas uniquement sur les cotisations mais aussi sur des mécanismes de financement complémentaires, comme des subventions d'équilibre versées par l'État. 

Cette architecture rend difficile l'identification d'un déficit propre au système de retraite. La réforme méthodologique évoquée par la Cour des comptes permettrait, selon lui, de mieux distinguer les cotisations des différentes aides publiques. Mais il tempère immédiatement sa portée budgétaire : "C'est un problème de transparence et de clarté. En aucun cas ça ne permettrait d'économiser 1€", explique-t-il, estimant que le débat relève d'abord de la lisibilité des comptes publics.