Remontée spectaculaire à Wall Street après un bain de sang sur les bourses mondiales

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Si la bourse de Wall Street s'est bien relevée jeudi, il n'en est pas de même pour les autres places financières. © AFP
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Les bourses mondiales ont enregistré une importante baisse jeudi après l'annonce de l'arrestation au Canada d'une cadre du groupe chinois Huawei alors que la trêve commerciale entre les États-Unis et la Chine reste fragile.

Wall Street a opéré un rétablissement spectaculaire jeudi après un bain de sang sur les grandes places financières du monde entier, à la faveur d'informations faisant espérer que la banque centrale américaine augmentera ses taux moins rapidement.

Une future annonce de la Fed qui a calmé la baisse. L'indice vedette de Wall Street, le Dow Jones Industrial Average, a lâché 0,32% à 24.947,67 points. Le Nasdaq a pris de son côté 0,42% à 7.188,26 points et le S&P 500 a perdu 0,15% à 2.695,95 points. Les investisseurs ont été rassérénés en milieu de journée par un article du Wall Street Journal prédisant que la Fed allait augmenter ses taux moins vite en 2019. 

Une arrestation qui a affolé les bourses. C'est une bonne nouvelle - les hausses de taux ont pour conséquence d'augmenter le coût du crédit et de ralentir la croissance - mais elle est arrivée trop tard jeudi pour aider les autres grandes places du monde. Elles ont été précipitées dans des chutes brutales par la nouvelle de l'arrestation au Canada de Meng Wanzhou, une cadre du groupe chinois Huawei, à la demande des Etats-Unis. La Chine s'est insurgée et la nouvelle fait craindre que la trêve fragile dans la guerre commerciale entre Pékin et Washington n'en souffre.

À Paris, le CAC a chuté de 3,32%, la Bourse de Francfort de 3,48% et la Bourse de Londres de 3,15%. Parmi les autres places financières, la Bourse de Milan a lâché 3,54% et celle de Madrid 2,75%. Avant les indices européens, les Bourses asiatiques avaient également flanché après l'annonce de cette arrestation. À Tokyo, l'indice vedette Nikkei a reculé de 1,91%.

Plusieurs enjeux à l'oeuvre. Les places chinoises ont enregistré des baisses particulièrement marquées : à Hong Kong, l'indice composite Hang Seng a chuté de 2,47%, celui de la Bourse de Shanghai a perdu 1,68% et celui de Shenzhen 2,17%. "Les investisseurs craignent que la Chine ne se retire des négociations", a expliqué Chris Low, économiste en chef pour FTN Financial, notant que Huawei est le deuxième plus gros vendeur de téléphones dans le monde.

L'arrestation au Canada de Meng Wanzhou ne permet pas à elle seule d'expliquer une telle débâcle des marchés actions, a estimé Andrea Tueni, un analyste de Saxo Banque. "C'est un ensemble d'événements [qui jouent]. Il y a bien sûr ce dossier commercial sur lequel il n'y a pas beaucoup d'optimisme des investisseurs, mais il y a également des craintes sur la croissance et la situation économique", a expliqué Andrea Tueni. 

Un baril de Brent à 60,33 dollars. Enfin, sur le front des changes, l'euro montait un peu face au dollar : vers 23 heures (à Paris), la monnaie unique valait 1,1379 dollar, contre 1,1344 dollar mercredi à 23 heures. De leur côté, les cours du pétrole ont chuté dans un marché qui s'interrogeait notamment sur l'ampleur éventuelle des baisses de production qui seraient consenties par l'Organisation des pays exportateurs de pétrole (Opep), réunie à Vienne. Le baril de Brent a perdu 1,50 dollar à 60,33 dollars à Londres et, à New York, le baril de WTI a lâché 1,40 dollar à 51,49 dollars.