Réforme de la SNCF : un défi pour les syndicats ferroviaires

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Les quatre syndicats représentatifs de la SNCF se prononceront le 15 mars sur un appel à la grève. © JEFF PACHOUD / AFP
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Les syndicats de la SNCF ont-ils vraiment les moyens d'engager un bras de fer avec le gouvernement ? Mobiliser risque d'être compliqué car l'opinion publique est majoritairement défavorable à ce mouvement.

Il faudra attendre le 15 mars pour savoir si les cheminots seront appelés à la grève contre la réforme du système ferroviaire que prépare le gouvernement. Les quatre syndicats représentatifs de la SNCF se prononceront ce jour-là, au vu du contenu des premières réunions de concertation qui auront eu lieu. C'est ce qu'ils ont annoncé mardi soir.

L'opinion publique sera difficile à mobilisée. Car s'engager dans un mouvement dur n'est pas si simple que ça. Pour réussir à imposer un rapport de force, les syndicats de cheminots doivent relever plusieurs défis. Le premier est celui de l'opinion publique. Le soutien majoritaire des Français aux cheminots en grève avait été décisif en 1995, obligeant le premier ministre Alain Juppé à remballer sa réforme. Cette fois, il n'est pas sûr que l'histoire se répète. Les enquêtes d'opinions montrent que les Français n'ont plus le même regard sur le combat des cheminots. Les trains en retard, la dégradation du service, l'explosion des coûts alimentent les discussions, et la nécessité d'une réforme en profondeur de la SNCF gagne les esprits.

 

7 Français sur 10 pour la réforme. Un sondage à chaud, réalisé juste après les annonces d'Edouard Philippe il y a deux jours, montrait ainsi que 7 Français sur 10 approuvaient l'abandon du statut pour les futurs cheminots. Les syndicats de la SNCF ont conscience qu'un combat centré sur ce sujet en particulier aura du mal à convaincre.

La sociologie des cheminots a changé. Ils doivent aussi relever un deuxième défi, interne. Car la sociologie des cheminots a fortement changé. La bascule s'est opérée il y a deux ans. Au sein de la SNCF, il y a désormais davantage de cadres et d'agents de maîtrise que d'agents d'exécution : 52% pour les premiers contre 48% pour les seconds. Aujourd'hui, un cheminot embauché sur trois est également recruté hors statut, avec un CDI classique. Ces nouveaux salariés, souvent plus jeunes, ont moins l'esprit de corps que leurs aînés. Il sera sans doute plus difficile de les mobiliser.