Un rapport de l’Inspection générale des finances publié jeudi pointe le ralentissement des recettes de TVA depuis 2023. Il l’explique par une consommation atone, des investissements en retrait et des prévisions budgétaires inadaptées, ainsi que par une fraude liée aux petits colis chinois, fragilisant la trajectoire des finances publiques.
Un rapport de l’Inspection générale des finances publié jeudi analyse le ralentissement des recettes de TVA depuis 2023. Il attribue ces moindres rentrées à une consommation des ménages atone, à des investissements en retrait et à des prévisions budgétaires jugées trop optimistes. Le document, commandé par le gouvernement à l’automne, souligne des écarts récurrents entre recettes prévues et constatées, fragilisant la trajectoire des finances publiques françaises sur les derniers exercices budgétaires nationales récentes.
Des recettes en net ralentissement depuis 2023
La croissance des recettes de TVA a nettement ralenti après les fluctuations exceptionnelles de la crise sanitaire entre 2020 et 2022, alors qu’elle progressait en moyenne de 2,8% par an de 1995 à 2019, hors crise financière de 2009. Les recettes n’ont augmenté que de 3,5% en 2023, puis 0,9% en 2024 et 0,2% en 2025, malgré une croissance et une inflation supérieures, selon le rapport publié jeudi par l’IGF officiel détaillé.
Ce ralentissement est plus marqué en France que dans d’autres économies européennes comme l’Allemagne, le Royaume-Uni ou l’Espagne. L’IGF l’explique par l’essoufflement de la consommation des ménages, sur fond d’inflation en recul et d’épargne plus élevée. Les dépenses se sont aussi orientées vers des biens et services à taux de TVA réduit, tandis que les investissements privés et les consommations intermédiaires ont marqué le pas sur la période récente observée par l’Inspection.
Prévisions budgétaires et fraude mises en cause
Le rapport met également en cause les outils de prévision, évoquant des hypothèses macroéconomiques trop optimistes et un modèle du Trésor fondé sur une architecture ancienne de plus de dix ans. Il ne prend pas en compte certaines exonérations ni les remboursements de crédits de TVA. L’IGF pointe enfin une fraude liée aux petits colis chinois, estimée à environ 1 milliard d’euros en 2024. Les recettes nettes ont atteint 207,8 milliards d’euros, soit 17% des prélèvements obligatoires.