Face à la flambée des prix des carburants, les gouvernements européens cherchent la bonne réponse pour protéger les automobilistes sans alourdir durablement les finances publiques. TVA, aides ciblées, baisse des taxes : de la France à la Belgique, en passant par l’Italie, l’Espagne et l’Allemagne, chacun avance ses propres solutions.
La colère monte en France et un peu partout en Europe. Même s’il y a quelques nuances et des écarts de prix, le constat est partout le même : les prix à la pompe flambent depuis des mois. Après les aides ciblées, la France va-t-elle renforcer son dispositif ? Certains voisins ont été plus "généreux" au début du conflit en Iran. Mais beaucoup se posent des questions sur la bonne réponse à apporter.
Le sujet est en haut de la pile pour tous les gouvernements. Baisse de TVA, aides ciblées, taxe sur les superprofits… Quelle que soit la solution choisie, la difficulté est de la maintenir sur la durée et les efforts ont déjà été massifs. Selon l’Institut Jacques Delors, dans l’Union européenne, plus de 17 milliards d’euros ont été dépensés dans le cadre des nombreuses mesures de soutien.
Des stratégies différentes
Parmi les pays les plus généreux au départ, l’Espagne n’est pas sûre de reconduire le bouclier anti-inflation qui lui a coûté 5 milliards d’euros, avec notamment une TVA passée à 10 %. En revanche, la nouvelle flambée des prix a tout de même incité le gouvernement à réactiver la remise de 20 centimes sur le diesel.
En Italie, la baisse des accises n’en finit pas d’être prolongée. Elle a permis une baisse de 17 centimes par litre en moyenne, mais, à partir d’octobre, ce sera un chèque de 150 euros, plus ciblé et donc moins coûteux.
En Allemagne, les annonces du chancelier Friedrich Merz sont attendues dans les jours qui viennent. Les options vont du plafonnement, avec une taxe sur les superprofits souhaitée par le Parti social-démocrate, aux aides directes pour les ménages les plus modestes, qui semblent toutefois privilégiées. La ministre de l’Économie a également évoqué une baisse temporaire de la TVA, de 19% à 7%.
Enfin, en Belgique, le système en place permet à l’État d’amortir une partie des hausses, ce qui pousse les frontaliers à aller y faire le plein, l’écart étant surtout sensible pour le SP95. L’économie réalisée peut aller de 10 à 23 centimes par litre.