Pourquoi Uber lance-t-il des vélos en libre-service à Paris ?

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Le géant américain va déployer dans les prochaines semaines son service de vélos flottants, disponible dans son application. Il s'attaque ainsi à un marché qui connaît de sérieuses difficultés actuellement.

Après les VTC et la livraison de repas, Uber se lance dans les vélos flottants. L'entreprise américaine doit déployer dans les semaines qui viennent, à Paris, sa flotte de bicyclettes disponibles partout en quelques clics grâce à son application. Un pari risqué : deux ans après l'explosion du marché, la plupart des opérateurs ont déposé le bilan ou ont préféré se retirer.

Une bulle qui s'est dégonflée. Pour mémoire, les vélos flottants (en "free floating") sont apparus fin 2017, quand l’ancienne version des Vélib’ s’est arrêtée. Lors de la transition, le nouveau prestataire, Smovengo, a connu beaucoup de ratés et de retards. Sentant une opportunité, tout un tas d’opérateurs de vélos en libre-service se sont engouffrés dans la brèche. Avec un succès immédiat : les urbains ont immédiatement adhéré à ces vélos colorés, légers, pas chers et que l'on peut prendre et déposer n'importe où en passant par une application. Bref, un service encore plus simple que les Vélib' qui, eux, nécessitent un abonnement et d’aller les chercher à une borne.

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Sauf que la bulle s'est dégonflée et ces nouveaux acteurs sont repartis aussi vite qu’ils étaient arrivés. Exit Gobee, Ofo et oBike. En fait, c’est simple, il ne reste plus à Paris que Mobike, également en difficulté, sur ce créneau des vélos flottants. Une débandade causée par l'absence de modèle économique viable. Les prix de location étaient beaucoup trop bas pour assurer la rentabilité des vélos. Et tous les opérateurs de vélos flottants se heurtent au même problème : le vandalisme. Vélos abîmés, démantelés, volés voire même jetés dans la Seine : tout ça coûte extrêmement cher en entretien. Et c’est un coût impossible à supporter pour des petites start-ups.

Uber mise sur sa force de frappe. L'arrivée tardive d'Uber sur ce marché a donc de quoi surprendre. Pourtant, le géant américain est persuadé de pouvoir réussir là où les autres ont échoué. Pour se différencier, Uber ne va déployer que des vélos à assistance électrique (environ 400 au démarrage, avec une vitesse maximale de 25 km/h), en espérant concurrencer non pas les Vélib' mais… les trottinettes électriques qui pullulent dans les rues de la capitale. Quant au vandalisme : même pas peur ! Uber assure qu’avec son modèle de cadenas souple en forme de U, ses vélos pourront être attachés au mobilier urbain (ce qui n'est pas le cas des Mobike par exemple) et seront donc mieux protégés.

Surtout, Uber mise sur sa taille et sa force de frappe pour s'imposer. En réalité, les vélos rouge vif qui vont débarquer au printemps sont ceux de sa filiale, Jump, rachetée l’an dernier. Elle est déjà présente dans une quinzaine de villes aux États-Unis, et depuis peu à Berlin et Lisbonne. Mais ces vélos seront bel et bien disponibles directement depuis l’application d’Uber, comme on commande aujourd’hui un VTC. C'est un vrai avantage pour le lancement : ce nouveau service n’aura même pas besoin de se faire connaître puisqu’il est déjà dans la poche de dizaines de milliers de Parisiens.