Inflation en hausse, recul du PIB au premier trimestre... Face à la multiplication des mauvais signaux, le gouvernement "reste vigilant, sans céder à l'alarmisme" a indiqué ce vendredi matin le ministre de l'Economie Roland Lescure.
Le gouvernement "reste vigilant, sans céder à l'alarmisme" après la publication par l'Insee d'indicateurs qui montrent une dégradation de l'économie, avec un produit intérieur brut (PIB) en recul de 0,1% au premier trimestre et une inflation en hausse, a réagi vendredi le ministre de l'Economie Roland Lescure.
"L'inflation progresse à 2,4% en mai, tout en demeurant limitée et globalement contenue, notamment par rapport à nos voisins européens", a détaillé M. Lescure. "La croissance affiche un repli au premier trimestre, à -0,1%, sous l'effet de plusieurs vents contraires conjoncturels et de l'adoption tardive du budget, qui a pu entraîner une forme d'attentisme chez certains acteurs économiques", a-t-il ajouté dans une réaction transmise à l'AFP.
Lors d'un point de presse après la publication de ces données, Marie Leclair, cheffe du département des Comptes nationaux, a indiqué que "la révision à la baisse n'était pas liée à un mois de mars plus pénalisé par la guerre que ce qu'on avait imaginé".
Vers une récession ?
Par exemple, a-t-elle expliqué, "on pensait fin mars que les services de transport seraient plus pénalisés, or, ce n'est pas finalement ce que nous observons". Interrogé sur un risque de récession technique - deux trimestres consécutifs de recul du PIB - au deuxième trimestre, Dorian Roucher, chef du département de la conjoncture de l'Insee, a convenu que le recul du premier trimestre était lui-même "une mauvaise surprise".
Il a relevé néanmoins que les résultats des premiers mois de l'année montraient "des surprises sectorielles, dont on peut penser qu'elles sont ponctuelles", comme "les très mauvais chiffres sur la rénovation des logements". "C'est très rare que ce secteur-là baisse autant", a-t-il dit.
Au vu des dernières enquêtes réalisées auprès des chefs d'entreprises, "le plus probable à ce stade n'est quand même pas un nouveau repli du PIB" au deuxième trimestre, a-t-il estimé. Néanmoins on "peut s'attendre à ce que le choc se diffuse" dans l'économie, a-t-il averti.