Pesticides : l'interdiction de production menace près de 4.000 emplois, avertissent les fabricants

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pesticides laboratoire Bayer
19 entreprises font partie de l'UIPP, dont BASF France, Bayer, Corteva Agriscience, Syngenta France ou De Sangosse. © JEFF PACHOUD / AFP
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Les industriels des produits phytosanitaires estiment que "plus de 2.700 emplois directs et 1.000 emplois indirects" sont "mis en péril" en France par l'interdiction de fabrication.

L'interdiction en 2025 de produire en France des pesticides interdits par l'Union européenne comme l'Atrazine, votée vendredi par l'Assemblée nationale, met près de 4.000 emplois "en péril", a estimé vendredi l'UIPP, qui représente les fabricants de produits phytosanitaires. Elle juge en outre cette décision sans "bénéfice pour l'environnement ou la santé".

La production transférée à l'étranger ? La "première conséquence" de cette mesure, votée dans le cadre de l'examen en nouvelle lecture du projet de loi Pacte sur les entreprises, "sera de voir la production de ces produits de protection des plantes transférée dans d'autres pays" indique un communiqué de l'association d'industriels. "Les pays utilisateurs continueront à les utiliser et les emplois français seraient menacés. En fragilisant ainsi les entreprises en France, les députés hypothèquent également les trajectoires d'investissement dans la recherche de solutions alternatives comme le biocontrôle" ajoute le texte.

L'UIPP est composée de 19 entreprises adhérentes, comprenant notamment BASF France, Bayer, Corteva Agriscience, Syngenta France ou De Sangosse, employant au total plus de 5.500 salariés en France. L'interdiction en 2022 de "la production, du stockage et de la vente de produits phytopharmaceutiques" destinés à des pays tiers et contenant des substances prohibées par l'UE figurait dans la loi agriculture et alimentation (Egalim), promulguée en novembre. À la faveur de la loi Pacte, le Sénat à majorité de droite avait voté la suppression pure et simple de cette interdiction, lors de la première lecture du projet de loi.

Les fabricants quand même "prêts à parler d'une transition". Adoptant un ton plus mesuré que celui du communiqué, le président de l'UIPP, Nicolas Kerfant, joint au téléphone a reconnu que le gouvernement avait apporté des "aménagements" au texte initialement voté dans la loi Egalim en accordant trois ans supplémentaires et en introduisant la possibilité de conventions de transition, montrant qu'il était "prêt à revenir discuter avec les industriels". "Mais nous avons absolument besoin d'une définition européenne du biocontrôle" et d'une "vision claire du gouvernement français sur l'agroécologie", a-t-il dit, sinon "nous ne pourrons pas lancer de programmes de recherche engageant nos entreprises sur quinze ans", a-t-il dit. "Nous sommes prêts à parler d'une transition, mais avons besoin de comprendre le modèle d'agriculture que vise le gouvernement" a-t-il précisé.