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Permis de conduire, cotisations, aides… Les professionnels alertent sur le désengagement de l'État dans l'apprentissage

Un apprenti s'exerce à l'usinage dans un atelier du Centre de formation aux métiers industriels de l'aéronautique, situé sur le site de Safran Helicopter Engines à Bordes (Pyrénées-Atlantiques), le 3 décembre 2025. [Laurent Estreboou / Hans Lucas / Hans Lucas via AFP]

Alors que la ministre déléguée à l'Apprentissage Sabrina Roubache appelle les entreprises à recruter davantage de jeunes, les professionnels du secteur dénoncent une baisse progressive des aides publiques. En 2025, le nombre de contrats d'apprentissage a reculé de 5%, une première depuis dix ans.

"Il y a des milliers de jeunes à embaucher. Ils ont leur formation, mais pas d'entreprise." Les propos de la ministre déléguée chargée de l'Enseignement et de la Formation professionnels et de l'Apprentissage, Sabrina Roubache, ont fait réagir Thomas Fantini, patron dans la restauration, à la tête du Medef Haute-Garonne et président du CFA de Blagnac.

Comme d'autres professionnels du secteur, il dénonce les nombreuses évolutions des dispositifs d'aide à l'apprentissage et les baisses de budget décidées par le gouvernement ces dernières années.

"Mais c'est complètement contradictoire. C'est là que je vois souvent que nos politiques au gouvernement sont un peu hors-sol et les entreprises s'engagent plus. Des parents qui sont inquiets, des jeunes qui sont vraiment très inquiétés quant à leur avenir, ils ne trouvent plus. Donc on a plein de gamins qu'on va laisser sur le tapis et on est en train de sacrifier l'avenir de beaucoup de métiers", explique-t-il.

Des aides progressivement réduites

Baptiste Martin, président de l’association des Apprentis de France, dénonce lui aussi la succession de changements et la baisse de certains dispositifs.

"D'un côté, on nous dit : 'il faut soutenir l’apprentissage, il faut soutenir les jeunes'. De l'autre côté, il y a un désengagement progressif. On pourrait parler de l'aide aux permis de conduire qui s'est arrêtée avec la loi de finances pour 2026. On pourrait aussi parler de la baisse de l'exonération des cotisations sociales sur le salaire des apprentis dans la loi de finances pour 2025, et la liste est longue", détaille-t-il.

Cette évolution intervient alors que l'apprentissage connaît déjà un ralentissement. En 2025, le nombre de contrats d'apprentissage a chuté de 5%, une baisse inédite depuis dix ans.

Pour les professionnels du secteur, le recul des aides publiques risque ainsi de compliquer davantage l’accès des jeunes à une entreprise, alors même que le gouvernement continue d’appeler les employeurs à recruter des apprentis.