La Commission européenne a infligé, lundi 20 juillet, une amende de 550 millions d'euros à la plateforme de commerce en ligne AliExpress. Bruxelles lui reproche notamment d'avoir insuffisamment contrôlé la vente de produits illégaux, dangereux ou contrefaits sur son site.
Après près de deux ans d'enquêtes, la société AliExpress, filiale du géant Alibaba, a été sanctionnée, lundi 20 juillet, pour avoir manqué à ses obligations résultant du règlement européen sur les services numériques (Digital Services Act, DSA), a annoncé la Commission européenne. Ce dernier lui impose "d'évaluer et d'atténuer avec diligence les risques liés à la vente sur sa plateforme de produits illégaux, dangereux ou contrefaits".
La plateforme est condamnée à une amende de 550 millions d'euros. Il s'agit de l'amende la plus élevée prononcée par Bruxelles au titre du DSA depuis l'adoption de cette puissante loi en 2022.
Des contrôles jugés trop faibles
La Commission européenne estime notamment que le système de détection des produits interdits à la vente mis en place par AliExpress ne fonctionnait pas lorsque son enquête avait été lancée en mars 2024.
"Nous avons repéré un grand nombre de contrefaçons, mais aussi des jouets et des cosmétiques dangereux, qui restaient très longtemps en vente", a expliqué Henna Virkkunen, vice-présidente de la Commission chargée du Numérique, à des journalistes.
Enfin, les vendeurs malintentionnés pouvaient très facilement contourner les systèmes de vérification de la conformité des produits, parce que les équipes dédiées étaient sous-dimensionnées.
La sanction impose au site de soumettre à la Commission européenne, d'ici trois mois, des mesures visant à revenir dans les clous du DSA, sous peine d'amendes périodiques.
L'an dernier, l'exécutif européen avait accepté des mesures proposées par AliExpress pour régler à l'amiable plusieurs manquements relevés lors de ses investigations, tout en prévenant le groupe qu'il risquait une sanction pour les motifs jugés par la Commission.
"Depuis l'entrée en vigueur du DSA, AliExpress s'est fermement engagé à respecter ses obligations et continue de le faire", a assuré la plateforme chinoise.
Les plateformes sommées de respecter les mêmes règles
Dans le cadre d'une enquête menée en parallèle, la Commission avait précédemment infligé à Temu, autre plateforme chinoise très populaire en Europe, une amende de 200 millions d'euros fin mai, là aussi pour avoir permis la distribution de produits illégaux, une sanction contestée par l'entreprise.
Autre cas, le réseau social X, du milliardaire Elon Musk, avait écopé d'une ardoise de 120 millions d'euros fin 2025, pour manquement à des obligations de transparence prévues par le DSA.
Cette nouvelle sanction, annoncée lundi, survient alors que l'UE a multiplié ces derniers mois les mesures pour protéger son marché face à une concurrence chinoise jugée souvent déloyale, notamment via une taxe de 3 euros minimum sur les petits colis importés dans l'Union européenne.
Dans une déclaration à l'AFP, AliExpress a protesté face à l'amende qui lui a été infligée. "Nous sommes en désaccord avec la décision rendue ce jour et avec cette amende disproportionnée, qui ne reflètent ni nos principes établis ni les mesures significatives et proactives que nous avons mises en œuvre". La plateforme n'a pas précisé à ce stade si elle ferait appel.