Les rhinocéros seront-ils sauvés par les financiers de la City ?

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Une obligation verte baptisée "Rhino-Bond" sera lancée dès 2020 nous explique notre journaliste Jean-Pierre Montanay sur Europe 1.
EDITO

5.000 rhinocéros noirs sont comptabilisés aujourd'hui sur le continent africain, soit douze fois moins que dans les années 70. Ces animaux massacrés pour leur corne incarnent la sauvagerie du braconnage. Leur corne - censée avoir des vertus anti-cancer et aphrodisiaques - coûte 50.000 euros le kilo et est essentiellement vendue sur le marché chinois. Mais la finance pourrait se porter à leurs secours, comme nous l'explique notre journaliste Jean-Pierre Montanay dans "En attendant demain", sur Europe 1.

"On croit rêver, les cols blancs de la city ! Le principe est de spéculer sur la hausse de la population de rhinocéros dans les cinq prochaines années. Les créanciers prêtent donc de l’argent aux donateurs qui ont de plus en plus de mal à financer des projets de préservation. Si la population de 800 rhinos d’une partie du Kenya et de l’Afrique du sud continue demain de baisser ou de stagner, les créanciers perdront l’argent prêté. Par contre, si la population de rhinocéros augmente, les investisseurs qui ont pris le risque de les sauver, toucheront un intérêt. Objectif atteint ! 

Le rendement de ce produit financier est donc directement lié aux mesures prises sur le terrain pour lutter contre le braconnage. C'est la firme britannique Conservation Capital, qui innove pour financer la conservation de la biodiversité, qui se cache derrière ce montage. Cette obligation verte baptisée « Rhino-Bond, » d’un montant de 50 millions de dollars sur cinq ans sera lancé dès 2020.

Les investisseurs prêts à sortir leurs dollars pour sauver la jungle ?

Moi, à leur place je prendrais le risque. D’autant qu’on ne leur demande pas de jouer les mécènes à fond perdu. Quelle occasion en or pour ces investisseurs de se refaire une image : passer de prédateur à protecteur de la planète tout en empochant des dividendes. C'est tout bénéf ! Et puis, vu l’état de la faune, la firme anglaise a l’embarras du choix pour lancer de nouvelles obligations. Pourquoi pas l’emprunt Requin? L’emprunt tigre ? L’emprunt Gorille..."

Europe 1
Par Jean-Pierre Montanay