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Le président du Medef juge que le projet de budget du gouvernement va «aggraver la situation» économique

Benjamin Vodant / Hans Lucas / Hans Lucas via AFP [Benjamin Vodant / Hans Lucas / Hans Lucas via AFP]

Au micro de Radio-Classique ce vendredi 2 octobre, le président du Medef a dénoncé un certain nombre de mesures du budget 2027, présenté jeudi en Conseil des ministres par le gouvernement. 

Le président du Medef, Patrick Martin, a critiqué vendredi les orientations du projet de loi de finances (PLF) et du projet de loi de financement de la Sécurité sociale (PLFSS) 2027 envers les entreprises, estimant qu'elles vont "aggraver la situation" économique.

Alors que les textes présentés jeudi par le gouvernement proposent de faire contribuer les entreprises à hauteur de "près de 20 milliards d'euros" l'an prochain, selon le Medef, Patrick Martin a estimé sur Radio-Classique que "ces remèdes vont en réalité aggraver la situation" économique, au moment où "il n'y a plus de croissance".

"On sent une forme d'improvisation"

Patrick Martin pense que la France "est même en légère récession dès à présent". Le produit intérieur brut (PIB) a diminué de 0,2% au premier trimestre puis est resté stable au deuxième.

Le président du Medef a dénoncé "l'augmentation du coût du travail" que propose le budget en s'en prenant aux allègements de cotisations patronales. Il redoute que les débats parlementaires n'alourdissent encore les mesures visant les entreprises.

Patrick Martin a rappelé que début septembre, le Premier ministre Sébastien Lecornu avait envoyé aux entrepreneurs "une lettre assez rassurante" sur le budget, mais qu'ensuite "des taxes nouvelles sont apparues au fil des jours".

"On sent une forme d'improvisation" du gouvernement face à "l'augmentation de la dette et surtout des taux d'intérêt, et à une crispation encore plus forte du paysage politique", a-t-il lancé, et "tout ça donne l'impression d'une certaine fébrilité".

Une "instrumentalisation du mouvement" des lycéens

Interrogé sur les économies possibles, Patrick Martin a visé les fonctionnaires, mais aussi les collectivités locales, "arc-boutées sur leur pactole", car "pour la plupart d'entre elles, elles ont des finances pas opulentes, mais assez saines".

Il a condamné les violences autour des lycées et "l'instrumentalisation du mouvement par des formations politiques", tout en disant "partager un certain nombre des constats dressés par ces lycéens, pointant vers une désorganisation ou des dysfonctionnements dans l'Éducation nationale".

Auteur de "Génération empêchée", essai sur la jeunesse paru en septembre, Patrick Martin a souhaité "une espèce de Big Bang" pour que l'entreprise et l'enseignement "travaillent mieux ensemble, ne serait-ce que pour orienter les jeunes vers des formations qui correspondent aux besoins de l'économie".

Il a enfin jugé "recevables" les propositions d'Édouard Philippe visant en particulier à porter à 65 ans l'âge de la retraite. "Il faut arrêter de raconter n'importe quoi aux Français, il va falloir travailler plus à tous les âges", a-t-il dit.