À l'occasion de son passage sur Europe 1 avant l'événement BIG de Bpifrance, Nicolas Dufourcq a défendu la place des entrepreneurs dans la société française. S'il reconnaît les progrès accomplis depuis une vingtaine d'années, le directeur général de Bpifrance estime qu'une forme de méfiance envers la réussite économique demeure dans le pays.
Pour Nicolas Dufourcq, la perception de l'entrepreneuriat a profondément évolué en France. Il invite notamment les plus jeunes à mesurer le chemin parcouru. "Les jeunes qui m'écoutent ne peuvent pas imaginer ce qu'était la France il y a 25 ans, quand il n'y avait pas de start-up, pas d'incubateur, pas d'accélérateur, pas de grande fête d'entrepreneuriat", explique-t-il au micro de Dimitri Pavlenko. A la veille de BIG, le plus grand rassemblement des entrepreneurs de France en partenariat avec Europe 1, le directeur général de Bpifrance rappelle également qu'à cette époque, la figure de l'entrepreneur était beaucoup moins présente dans les médias et dans le débat public.
Cette transformation nourrit son optimisme. "Il y a une France entrepreneuriale qui est quand même très très forte", affirme-t-il. Selon lui, le développement des start-up, des structures d'accompagnement et des événements dédiés à l'entrepreneuriat témoigne d'une évolution profonde de la société française au cours des deux dernières décennies.
Une critique de la méfiance envers la réussite
Nicolas Dufourcq estime toutefois que cette évolution ne suffit pas à faire disparaître certaines réticences. "Le fond anticapitaliste de la France est toujours là", déclare-t-il. Il décrit une société dans laquelle la réussite de certains peut parfois être perçue négativement par ceux qui n'ont pas suivi le même parcours entrepreneurial.
Pour le patron de Bpifrance, cette question dépasse le simple regard porté sur les chefs d'entreprise. "On ne peut pas financer notre État de providence si on a pas une économie florissante et on peut pas avoir une économie florissante si on a pas des entrepreneurs qu'on aime", affirme-t-il. Une manière de rappeler, selon lui, le rôle central des entrepreneurs dans la création de richesse et le dynamisme économique du pays.